Palais Bourbon : le projet de rénovation de 50 M€ relancé
Rénovation Palais Bourbon : le projet à 50 M€ relancé

Le Conseil de Paris a donné un avis favorable à la modification du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7e arrondissement, levant ainsi le dernier obstacle procédural au projet de nouveau pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale. Ce vote, intervenu ce mardi, relance un chantier contesté, estimé à 50 millions d'euros, qui avait été suspendu en février 2025 en raison de problèmes d'autorisation. Le projet, porté par la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, vise à remplacer l'actuel bâtiment d'accueil de 1888, jugé trop exigu pour les 200 000 visiteurs annuels.

Un bâtiment moderne de 4 000 m² au cœur des critiques

Le nouveau bâtiment, conçu par le cabinet Moatti et Rivière, s'étendra sur 4 000 mètres carrés répartis sur deux niveaux. Il sera habillé de verre et de brise-soleil verticaux évoquant les colonnes corinthiennes de la façade voisine, et accueillera une boutique et une cafétéria. Un design moderne qui a suscité une vive opposition, certains critiques parlant de « massacre » et de « crime contre le patrimoine ». Une pétition lancée par l'association Sites & Monuments, intitulée « Non à l'enlaidissement de Paris par l'Assemblée nationale », a déjà recueilli près de 70 000 signatures.

Ségolène Royal, Joey Starr et Rachida Dati s'opposent

Parmi les opposants, plusieurs personnalités politiques et artistiques ont pris position. Ségolène Royal a qualifié le projet de « débauche d'argent public » et de « scandaleux », rappelant que la présidente de l'Assemblée nationale « n'est pas propriétaire des lieux ». Rachida Dati, maire du 7e arrondissement et adversaire d'Emmanuel Grégoire aux municipales de 2026, a appelé à la mobilisation « pour empêcher cette destruction patrimoniale ». Le chanteur Joey Starr a également partagé une vidéo critique de l'association Sites & Monuments avec le commentaire ironique « Douce France ». À gauche, Emile Meunier, coprésident écolo du groupe Nouveau Paris Populaire, a comparé le futur bâtiment à une « sorte d'Apple Store ».

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Les arguments des opposants : patrimoine et UNESCO

L'association Sites & Monuments, à l'initiative de la pétition, avance plusieurs arguments : le non-respect du Site patrimonial remarquable (SPR) du 7e arrondissement, en raison de la hauteur du bâtiment et d'empiètements sur un espace vert protégé, ainsi que la dégradation du bien UNESCO des Rives de la Seine, inscrit au Patrimoine mondial. La Commission du Vieux Paris s'est également « opposée fermement et unanimement à la démolition pure et simple de l'actuel pavillon d'accueil ». Son président, Julien Lacaze, a expliqué au Figaro : « Ce nouveau bâtiment en verre déséquilibrerait le paysage historiquement néoclassique, magistral, minéral et horizontal des lieux. On ne peut pas remplacer ainsi l'entrée actuelle, qui plus est en parfait état. Elle est imprégnée par l'histoire parlementaire et symbolise la démocratie méfiante, car elle a été construite après la tentative d'assassinat de Jules Ferry. »

Le Conseil de Paris défend le projet

De son côté, le Conseil de Paris affirme que « les constructions projetées s'inscrivent bel et bien dans des gabarits proches de ceux des édifices déjà existants et ont été conçues dans le respect des caractéristiques architecturales et patrimoniales du site ». La délibération a toutefois été votée contre l'avis du groupe de droite « Paris Liberté ! », qui a commenté : « Décidément, à Paris, les espaces les mieux protégés le restent… jusqu'à ce qu'Emmanuel Grégoire décide qu'ils ne le soient plus. Ce n'est pas une erreur, c'est une politique. »

Des voix tempèrent la controverse

Certains internautes rappellent que des projets comme la Pyramide du Louvre ou les colonnes de Buren avaient également suscité de vives critiques à leur époque. « Il y aura toujours des conservateurs… Avant c'était mieux ; ne modifions rien, l'avenir nous fait peur… », commente un utilisateur de X, fustigeant les « réactionnaires qui agissent systématiquement en réaction à la nouveauté ». Malgré les controverses, plusieurs millions d'euros ont déjà été investis, et Yaël Braun-Pivet espère voir les travaux engagés avant la fin de la législature, probablement après l'élection présidentielle de 2027.

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