Mort d'une journaliste au Liban : ONG réclament enquête pour crime de guerre
Mort d'une journaliste au Liban : ONG demandent enquête

L'organisation Amnesty International et Human Rights Watch ont conjointement demandé, jeudi 6 août, l'ouverture d'une enquête indépendante pour crime de guerre après la mort d'une journaliste tuée par l'armée israélienne dans le sud du Liban. Les deux ONG de défense des droits humains estiment que ce tir pourrait constituer une violation grave du droit international humanitaire.

La victime, identifiée comme étant la journaliste libanaise Sarah Abdallah, travaillait pour une chaîne de télévision locale lorsqu'elle a été mortellement touchée par un tir de char israélien alors qu'elle couvrait les affrontements à la frontière. L'incident s'est produit dans la région de Kfar Kila, une zone où les échanges de tirs entre le Hezbollah et l'armée israélienne sont fréquents depuis plusieurs mois.

Des preuves accablantes

Selon les informations recueillies par les ONG, la journaliste portait un gilet pare-balles marqué du sigle « Presse » et se trouvait dans une zone clairement identifiable comme étant celle des médias. Malgré cela, le char israélien aurait visé directement sa position, ce qui laisse penser à une attaque délibérée contre un civil protégé par les conventions de Genève. Les images vidéo de l'incident, diffusées sur les réseaux sociaux, montrent le moment où le projectile touche le groupe de journalistes, semant la panique.

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Dans un communiqué commun, les deux organisations ont souligné que « les journalistes ne sont pas des cibles et doivent être protégés en toutes circonstances ». Elles ont appelé la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu'une enquête soit menée de manière transparente et indépendante. « Le meurtre de Sarah Abdallah n'est pas un accident isolé, mais s'inscrit dans un schéma plus large de violations des droits de l'homme commises par l'armée israélienne dans le sud du Liban », a déclaré la directrice adjointe d'Amnesty International pour le Moyen-Orient, dans un entretien accordé à l'Agence France-Presse.

Une enquête préliminaire israélienne jugée insuffisante

L'armée israélienne a réagi en affirmant avoir ouvert une enquête préliminaire sur cet incident, mais les ONG estiment que cette démarche n'est pas suffisante. Elles soulignent que les enquêtes internes de l'armée israélienne ont historiquement abouti à des classements sans suite, ce qui ne permet pas de rendre justice aux victimes. « Une enquête interne ne peut pas être impartiale lorsqu'il s'agit de juger les actions de ses propres soldats. Une enquête internationale indépendante est nécessaire pour établir les faits et poursuivre les responsables », a insisté la chercheuse de Human Rights Watch pour le Liban.

La mort de Sarah Abdallah porte à au moins 47 le nombre de journalistes tués depuis le début du conflit au Moyen-Orient, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Ce chiffre souligne le danger croissant auquel sont confrontés les professionnels des médias dans les zones de guerre, et la nécessité de protéger la liberté de la presse.

Réactions internationales et appel à la justice

Plusieurs gouvernements et organisations internationales ont exprimé leur indignation. Le secrétaire général de l'ONU a appelé à une enquête approfondie et a rappelé que « la protection des journalistes est une obligation légale en vertu du droit international ». La France a également condamné « avec la plus grande fermeté » le tir meurtrier et a demandé que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame.

Au Liban, la mort de la journaliste a provoqué une vive émotion. Des manifestations ont eu lieu à Beyrouth, où des confrères ont rendu hommage à Sarah Abdallah en portant des gilets pare-balles et des casques de presse. Le syndicat des journalistes libanais a dénoncé un « crime de guerre » et a appelé à une grève générale des médias pour protester contre ce qu'il considère comme un acte délibéré de l'armée israélienne.

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Cette affaire relance le débat sur la protection des journalistes en zones de conflit. Alors que le nombre de victimes parmi les reporters ne cesse d'augmenter, les organisations de défense de la presse réclament des mécanismes internationaux plus efficaces pour enquêter sur les attaques contre les médias et poursuivre leurs auteurs. La famille de Sarah Abdallah, elle, attend justice et a annoncé son intention de saisir la Cour pénale internationale si aucune enquête indépendante n'était ouverte rapidement.