Une tentative de coup d'État a été déjouée au Niger, a annoncé vendredi 29 août le gouvernement dirigé par la junte du général Abdourahamane Tiani. Selon le porte-parole du gouvernement, le colonel-major Amadou Abdramane, les auteurs présumés de cette tentative, "des officiers et des sous-officiers", ont été arrêtés. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions politiques et sécuritaires persistantes depuis le coup d'État de juillet 2023.
Une tentative déjouée par les services de renseignement
Le colonel-major Amadou Abdramane a précisé, dans une déclaration lue à la télévision nationale, que "la tentative de coup d'État a été déjouée grâce à la vigilance des services de renseignement et à la réactivité des forces de défense et de sécurité". Il a ajouté que "les auteurs présumés de cette tentative de déstabilisation ont été arrêtés et sont actuellement entendus par les autorités judiciaires compétentes". Aucun bilan chiffré n'a été fourni dans l'immédiat, ni sur le nombre de personnes arrêtées, ni sur d'éventuelles victimes.
Le gouvernement n'a pas communiqué de détails sur le déroulement précis de cette tentative, ni sur les motivations des auteurs présumés. Il a toutefois assuré que "la situation est entièrement maîtrisée" et que "l'ordre constitutionnel et la stabilité du pays sont préservés". Les autorités ont également appelé la population au calme et à la vigilance.
Un contexte de tensions depuis le coup d'État de 2023
Cette tentative de putsch survient plus de deux ans après le coup d'État qui a porté le général Tiani au pouvoir, le 26 juillet 2023, lorsqu'il a renversé le président élu Mohamed Bazoum. Depuis, la junte a fait face à une opposition croissante, tant sur le plan intérieur qu'international. Le pays est également confronté à une dégradation de la situation sécuritaire, avec des attaques répétées de groupes djihadistes dans les régions de l'ouest et du sud-est.
En octobre 2024, une précédente tentative de putsch avait déjà été déjouée, selon les autorités, qui avaient alors évoqué une "conspiration" fomentée par des militaires. Ces événements témoignent des fragilités du régime, qui doit aussi faire face à des sanctions économiques de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et à une rupture diplomatique avec plusieurs partenaires internationaux, dont la France.
Des arrestations et une enquête en cours
Les personnes arrêtées dans le cadre de cette nouvelle tentative sont actuellement interrogées, a indiqué le porte-parole du gouvernement, sans préciser leur nombre ni leur grade. "Des enquêtes approfondies sont en cours pour déterminer toutes les ramifications de cette tentative de déstabilisation", a-t-il ajouté. Les autorités ont promis que "tous les coupables seront traduits devant la justice et répondront de leurs actes".
Cette annonce intervient alors que le Niger est engagé dans une transition politique censée aboutir à un retour des civils au pouvoir. La junte a promis à plusieurs reprises de rendre le pouvoir aux civils, mais aucune échéance précise n'a été fixée. Les partenaires régionaux et internationaux, notamment la Cédéao, ont conditionné la levée des sanctions à un retour rapide à l'ordre constitutionnel, mais les discussions restent au point mort.
La tentative de putsch déjouée pourrait renforcer la position du général Tiani à court terme, en lui permettant de justifier un durcissement du régime, mais elle illustre aussi les divisions au sein de l'armée et les défis auxquels la junte est confrontée. Les prochains jours seront décisifs pour mesurer l'ampleur de cette crise et ses conséquences sur la stabilité du pays.



