Primaire à gauche : Olivier Faure prédit l'effondrement du bloc central à Blois
Primaire à gauche : Faure prédit l'effondrement du bloc central

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a prédit samedi 29 août à Blois « l’effondrement du bloc central » à la présidentielle, dans un discours aux accents programmatiques, prélude à sa probable candidature à la primaire de la gauche. S’exprimant devant les militants du PS réunis pour leur université d’été, le député de Seine-et-Marne n’a pas dévoilé ses intentions, mais sa candidature fait de moins en moins de doute, alors même qu’une partie de ses opposants internes a choisi de soutenir Raphaël Glucksmann.

Un discours d’espoir face aux sondages

Olivier Faure a rappelé « que François Hollande a (vait) commencé à 3 % » avant de devenir président de la République, semblant dresser un parallèle avec sa propre situation, lui qui est cantonné autour de 5 % dans les sondages – lorsque son nom est testé. « Un autre futur est possible », a affirmé le patron socialiste, en promettant de « défendre la loi du plus juste » – titre d’un ouvrage qu’il publiera en septembre – et égrenant une série de propositions pour la transition climatique ou l’école.

Olivier Faure a jusqu’au 15 septembre pour se déclarer, alors que déjà quatre candidats sont sur les rangs, dont le leader de Place publique Raphaël Glucksmann, crédité de 10 à 15 %, arrivé à Blois vendredi sous les applaudissements. Le premier secrétaire est pour l’instant dans le rôle de l’outsider. Fait notable, il n’a pas été invité au débat du Medef jeudi à Roland-Garros, où sept candidats à la présidentielle, dont M. Glucksmann, se sont affrontés.

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Le soutien des ténors du PS à Glucksmann

Le patron socialiste risque gros dans un duel avec Raphaël Glucksmann, soutenu par la présidente d’Occitanie Carole Delga, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, et surtout du chef des députés socialistes Boris Vallaud. Celui-ci s’est de nouveau affiché samedi au côté de M. Glucksmann, qui a assuré vouloir « remporter la présidentielle », et non rejouer une énième bataille de congrès.

Olivier Faure « est chef du parti depuis huit ans. S’il était vu comme un possible candidat à la présidentielle, ça se saurait », tacle un proche de Boris Vallaud. Pour l’eurodéputé François Kalfon, M. Faure « n’est pas dans le match » et ne peut pas gagner, car il a été mis en minorité dans son parti pour la première fois en juillet, lors d’un vote des militants sur l’organisation de la primaire. Le chef socialiste plaidait pour une primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche moyennant une somme de deux euros, mais les militants ont préféré une primaire « fermée » entre le PS et Place publique, accessible via une adhésion à 15 euros.

Le rôle de l’outsider et la carte écologiste

Le député de gauche François Ruffin, venu participer à un débat sur le travail, a soutenu la position de M. Faure, comparant la primaire à un videur de boîte de nuit « qui vient vous dire : "Non, tu n’as pas la bonne gueule" ». Le banquier d’affaires Matthieu Pigasse, qui n’a pu être présent à Blois comme prévu, a appelé sur X à faire de cette primaire « une main tendue » aux Écologistes et anciens insoumis, comme initialement souhaité par Olivier Faure. Il n’exclut pas selon son entourage de participer à la primaire.

Même « fermée », l’entourage du premier secrétaire espère que la primaire puisse convaincre des adhérents supplémentaires, et notamment ceux qui croient encore à l’union de la gauche et des Écologistes. C’est sur cette ligne que devrait se positionner le patron socialiste, vantant sa proximité avec les Écologistes – et avec les ex-insoumis – alors que M. Glucksmann fait pour l’heure office d’épouvantail pour une large part des militants verts, malgré le ralliement de Yannick Jadot. Avant d’aller voir si l’herbe est plus verte du côté de LFI, Marine Tondelier va attendre de connaître l’issue de la primaire, estime un proche de M. Faure.

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La carte écologiste est aussi brandie par l’ancienne ministre de l’Environnement Ségolène Royal, seule femme candidate à la primaire à ce stade, qui a appelé samedi à « passer à l’action » sur le sujet. En tant que chef de parti, Olivier Faure a marqué son territoire en rappelant que si les députés socialistes étaient prêts à discuter du futur budget avec le Premier ministre, ils le censureraient « si la copie qui sort des débats est celle de MM. Attal et Philippe avec le soutien de l’extrême droite ».