Face aux frappes de missiles balistiques russes, l'Ukraine, privée de bouclier antimissile complet, cherche des parades. Selon des sources militaires ukrainiennes, Kiev a intensifié le brouillage GPS, l'utilisation de leurres et le déploiement de défenses aériennes mobiles pour contrer les attaques. Malgré ces efforts, la menace reste critique, car les missiles balistiques russes, comme les Iskander, sont difficiles à intercepter.
Une vulnérabilité persistante
Depuis le début de l'invasion à grande échelle, l'Ukraine a subi des milliers de frappes aériennes. Selon l'armée de l'air ukrainienne, environ 80 % des missiles de croisière et drones sont abattus, mais seulement 30 % des missiles balistiques sont interceptés. Cette lacune s'explique par la vitesse et la trajectoire de ces projectiles, qui rendent leur interception complexe avec les systèmes disponibles.
« Nous avons besoin de davantage de systèmes Patriot et SAMP/T, mais aussi de munitions. Chaque interception compte, car chaque missile qui passe peut détruire des infrastructures vitales », a déclaré un porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, sous couvert d'anonymat.
Les parades mises en place
Pour compenser ce déficit, Kiev a développé des tactiques de contournement. Le brouillage GPS perturbe la navigation des missiles de croisière, les obligeant à dévier de leur trajectoire. Des leurres, comme des cibles gonflables ou des émetteurs factices, attirent certaines frappes loin des zones sensibles. Enfin, des groupes de défense aérienne mobiles, équipés de canons et de missiles sol-air, sont déployés près des infrastructures critiques pour abattre les drones et les missiles plus lents.
Ces mesures ont permis de réduire l'efficacité des frappes russes, mais elles ne suffisent pas à protéger l'ensemble du territoire. « Chaque semaine, nous voyons des tentatives de percée. Les Russes adaptent leurs tactiques, et nous devons faire de même », a expliqué un officier de la défense antiaérienne ukrainienne.
Un appel à l'aide internationale
Face à cette menace, l'Ukraine multiplie les appels à ses alliés occidentaux pour obtenir des systèmes de défense antimissile plus performants. Les États-Unis ont récemment annoncé l'envoi de munitions supplémentaires pour les Patriot, mais Kiev demande aussi des avions de chasse F-16, qui pourraient améliorer la couverture aérienne.
« Nous avons besoin de moyens pour protéger nos villes et nos infrastructures énergétiques. Chaque missile abattu est une vie sauvée », a insisté le président Volodymyr Zelensky lors d'une récente allocution. Selon le ministère de la Défense ukrainien, les frappes russes ont endommagé environ 70 % des capacités de production d'électricité du pays, provoquant des coupures massives.
Une guerre d'usure technologique
Cette lutte antimissile s'inscrit dans une guerre d'usure où chaque camp innove. Les Russes développent des missiles hypersoniques, comme le Zircon, qui sont encore plus difficiles à intercepter. Les Occidentaux, de leur côté, améliorent leurs radars et leurs logiciels de détection. Mais le temps presse : l'hiver approche, et l'Ukraine doit protéger son réseau électrique pour éviter une crise humanitaire.
Des experts militaires estiment que la solution à long terme réside dans une intégration plus poussée des défenses aériennes ukrainiennes avec celles de l'OTAN. « Une coordination en temps réel des renseignements et des interceptions serait un changement de donne », a souligné un analyste du think tank Royal United Services Institute.



