Khalil al-Hayya élu nouveau dirigeant du Hamas après la mort d’Ismaïl Haniyeh
Khalil al-Hayya, nouveau chef du Hamas

Le Hamas a annoncé, dimanche 20 juillet, l’élection de Khalil al-Hayya, jusqu’alors négociateur en chef du mouvement islamiste palestinien, à sa tête. Il succède à Ismaïl Haniyeh, tué par une frappe attribuée à Israël le 31 juillet à Téhéran.

Un dirigeant issu de l’appareil politique

Khalil al-Hayya, 63 ans, est une figure historique du Hamas. Né dans le camp de réfugiés de Gaza, il a passé des années dans les prisons israéliennes. Il était le chef de la délégation du Hamas dans les négociations indirectes avec Israël, notamment sur les échanges de prisonniers et les trêves.

Son élection intervient dans un contexte de guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 38 000 Palestiniens ont été tués depuis lors.

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Un choix qui envoie un signal

En choisissant Khalil al-Hayya, le Hamas maintient sa ligne politique. Il est considéré comme un proche de l’ancien chef du bureau politique, Khaled Mechaal, et du chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar. « Khalil al-Hayya incarne la continuité de la résistance et de la direction politique », a déclaré un responsable du Hamas sous couvert d’anonymat.

Israël n’a pas encore réagi officiellement à cette élection. Cependant, des responsables israéliens ont par le passé qualifié al-Hayya de « terroriste » et l’ont accusé d’être impliqué dans des attaques.

Les défis immédiats du nouveau chef

Al-Hayya hérite d’un mouvement affaibli par la guerre et la perte de plusieurs de ses dirigeants. Il devra gérer les négociations pour un cessez-le-feu durable, la reconstruction de Gaza et la libération des otages israéliens détenus par le Hamas. Selon des sources proches du dossier, environ 120 otages sont toujours retenus, dont une trentaine seraient morts.

Son élection pourrait compliquer les pourparlers, car il est perçu comme plus intransigeant que Haniyeh sur certaines questions. « Il n’y aura pas de compromis sur les droits du peuple palestinien », a-t-il déclaré lors d’un discours en juin.

Une succession préparée

La mort d’Ismaïl Haniyeh a contraint le Hamas à accélérer son processus de succession. L’élection a eu lieu lors d’une réunion du Conseil consultatif (Choura) du mouvement, qui s’est tenue à Doha, au Qatar, où le Hamas dispose d’un bureau politique. Selon des sources internes, le choix s’est porté sur al-Hayya face à d’autres candidats, dont Moussa Abou Marzouk.

Khalil al-Hayya est connu pour sa rhétorique ferme contre Israël et son soutien à l’alliance avec l’Iran et le Hezbollah. Il a également critiqué l’Autorité palestinienne, qu’il accuse de collaborer avec Israël.

Réactions internationales

Les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays arabes n’ont pas encore commenté officiellement cette élection. L’Égypte et le Qatar, médiateurs dans les négociations, ont appelé à la retenue. La France a réitéré son appel à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des pourparlers de paix.

L’élection de Khalil al-Hayya pourrait renforcer les tensions avec Israël, qui mène une offensive militaire à Gaza depuis le 7 octobre. Selon l’armée israélienne, plus de 1 200 Israéliens ont été tués lors de l’attaque initiale du Hamas, et environ 250 ont été enlevés.

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