Journaliste libanaise tuée par Israël : trêve menacée avant les pourparlers
Journaliste libanaise tuée par Israël avant les pourparlers

Une journaliste libanaise a péri dans une frappe israélienne dans le sud du pays, au moment où le gouvernement libanais s’apprête à négocier une prolongation du cessez-le-feu à Washington. Amal Khalil, journaliste, a été tuée mercredi par une frappe israélienne dans le sud du Liban, malgré la trêve dont Beyrouth va demander la prolongation pour un mois lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

Avant l’annonce du décès de la journaliste, l’agence de presse libanaise officielle Ani avait fait état de quatre personnes tuées par des frappes israéliennes dans l’est et le sud du pays. Amal Khalil, qui couvrait le conflit dans la ville de al-Tiri avec une collègue, Zeinab Faraj (blessée), a été « tuée à la suite d’une frappe aérienne » israélienne, selon la Défense civile libanaise.

Réactions officielles

Le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a exprimé sur X sa « profonde tristesse » pour la mort de cette journaliste, « prise pour cible par l’armée israélienne alors qu’elle accomplissait son devoir professionnel ». Il a ajouté : « Le ciblage des journalistes est un crime grave et une violation flagrante du droit international humanitaire, face auxquels nous ne resterons pas silencieux. » Ces déclarations interviennent à la veille de la nouvelle session de discussions prévue entre les deux pays, au niveau des ambassadeurs sous l’égide des États-Unis.

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Les conditions du cessez-le-feu en question

Une trêve de dix jours, qui expire dimanche, est entrée en vigueur le 17 avril après une première rencontre entre les ambassadeurs des deux pays, toujours en état de guerre. L’armée israélienne a affirmé avoir frappé dans le secteur de al-Tiri un véhicule quittant une « structure militaire » du Hezbollah, « après avoir identifié des individus violant les arrangements de cessez-le-feu », puis avoir frappé la « structure ».

À Washington, « le Liban demandera une prolongation d’un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l’arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent », a indiqué une source officielle. Le président Joseph Aoun a déclaré mercredi que « des contacts sont en cours pour prolonger le cessez-le-feu », ajoutant que le but des futures négociations directes est notamment « l’arrêt total des agressions israéliennes et le retrait israélien du territoire libanais ».

La question du Hezbollah

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a affirmé qu’Israël n’avait « pas de désaccords sérieux » avec le Liban. « Il y a un seul obstacle à la paix et à la normalisation entre les deux pays, c’est le Hezbollah », a-t-il ajouté. « Demain, les discussions directes entre Israël et le Liban reprendront à Washington. Je lance un appel au gouvernement du Liban : travaillons ensemble contre l’État terroriste que le Hezbollah a construit sur votre territoire », a poursuivi Gideon Saar.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l’Iran le 2 mars en lançant une attaque sur Israël, est opposé à ces discussions. Les frappes israéliennes sur le Liban depuis cette date ont fait 2 454 morts et plus d’un million de déplacés, selon le dernier bilan officiel. L’armée israélienne a pénétré en territoire libanais et y a établi une « ligne jaune » de séparation dans le sud, comme dans la bande de Gaza, disant vouloir protéger la population du nord d’Israël. Le Hezbollah a revendiqué une attaque mardi sur le nord d’Israël en riposte à ses violations « flagrantes » du cessez-le-feu, pour la première fois depuis son entrée en vigueur le 17 avril. Mercredi, l’armée israélienne a annoncé avoir tué la veille deux « terroristes » qui avaient « franchi la ligne de défense avancée et se sont approchés des soldats ». Selon les termes de la trêve, Israël affirme se réserver le droit d’agir contre des « attaques planifiées, imminentes ou en cours » au Liban. La trêve avait été réclamée par Téhéran comme l’une des conditions à la reprise de pourparlers avec Washington, en vue d’aboutir à une paix durable entre l’Iran et les États-Unis.

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