Le candidat à la présidentielle et patron de Renaissance, Gabriel Attal, a été victime d'une tentative de déstabilisation en ligne attribuée à la Russie, a annoncé son entourage mardi. Le service Viginum, chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères, a détecté l'opération, imputée avec « une confiance élevée » au réseau prorusse Matriochka.
Une opération peu visible mais coordonnée
L'opération, qui est restée « peu visible » avec quelques milliers de vues, selon une source sécuritaire, a consisté en la publication de faux contenus sur X, usurpant l'identité visuelle de médias français (RFI, BFM, Le Parisien, Ouest France, Libération, France 24, AFP). Ces contenus affirmaient notamment que Gabriel Attal présentait « des signes de la maladie de Parkinson » ou plaiderait pour une politique plus favorable à l'égard des squatteurs de logements vides.
Troisième ingérence en quelques jours
Cette opération est la troisième ingérence numérique attribuée à des réseaux prorusses visant des candidats probables à la présidentielle française en quelques jours. Le patron d'Horizons, Édouard Philippe, et le candidat de gauche, Raphaël Glucksmann, ont également été ciblés par des opérations de déstabilisation en ligne, cette fois du groupe Storm-1516. Toutes ces opérations sont restées peu visibles.
Réactions et actions en justice
BFMTV a indiqué que « des démarches sont engagées auprès des plateformes pour obtenir leur retrait et une action judiciaire est en cours » de la part de la chaîne, qui « condamne fermement la diffusion » de ces « faux contenus usurpant son identité visuelle ».
Le mode opératoire Matriochka
Le réseau Matriochka, actif depuis 2023, s'appuie sur la publication de faux contenus, diffusés de manière coordonnée sur les réseaux sociaux, puis relayés par des utilisateurs interpellant directement des médias pour qu'ils se penchent sur les fausses informations en question. Une méthode qualifiée « d'entreprise de diversion » par les experts. Cette campagne avait notamment ciblé les Jeux olympiques de 2024.
Le gouvernement veut durcir les peines
Le gouvernement a présenté fin juillet un projet de loi pour mieux lutter contre les ingérences, qui prévoit notamment de durcir les peines pour les personnes diffusant des fausses nouvelles dans un contexte électoral.



