Inde : grève de la faim de Sonam Wangchuk, sa femme dénonce une détention illégale
Inde : grève de la faim de Sonam Wangchuk

Hospitalisation sous contrainte dénoncée comme une détention

Sonam Wangchuk, militant écologiste et activiste politique de 58 ans, a été hospitalisé le 17 juillet 2026 à Leh, dans l'État du Ladakh, après 21 jours de grève de la faim. Son épouse, Tsering Angmo, a qualifié cette hospitalisation de « détention illégale » dans une déclaration à la presse, affirmant que son mari est retenu contre son gré dans l'établissement de santé.

Wangchuk, connu pour son combat pour la préservation de l'environnement et les droits des populations locales, avait entamé sa grève de la faim le 26 juin pour protester contre le projet de barrage de la rivière Zanskar, qu'il estime destructeur pour l'écosystème fragile de la région himalayenne. Selon ses partisans, son état de santé s'est dégradé rapidement, nécessitant une intervention médicale d'urgence.

Une grève de la faim pour l'environnement

Le militant, qui avait déjà mené des actions similaires par le passé, exige l'arrêt du projet de barrage hydroélectrique de 240 mégawatts sur la Zanskar. Il argue que ce projet menace non seulement la biodiversité locale mais aussi les moyens de subsistance des communautés rurales. « Le gouvernement ignore les études d'impact environnemental et les avis des experts », a-t-il déclaré avant son hospitalisation.

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La grève de la faim a attiré l'attention nationale et internationale. Des soutiens se sont mobilisés à Leh et dans d'autres villes, organisant des rassemblements pour réclamer la libération de Wangchuk. Son épouse a précisé que les médecins lui ont administré des fluides par voie intraveineuse, mais qu'il refuse toujours de s'alimenter.

Accusations de détention arbitraire

Tsering Angmo a affirmé que les autorités locales empêchent les avocats de la famille de rencontrer Wangchuk et limitent les visites. « C'est une détention illégale déguisée en soins médicaux », a-t-elle déclaré. Elle a déposé une plainte auprès de la Haute Cour du Jammu-et-Cachemire et du Ladakh pour contester cette situation.

Le gouvernement du Ladakh, dirigé par l'administration fédérale indienne, n'a pas commenté ces accusations. Un porte-parole de l'hôpital de Leh a indiqué que Wangchuk est « sous observation médicale » et que son état est « stable mais préoccupant ».

Un précédent juridique controversé

Cette affaire rappelle le cas de l'activiste Irom Sharmila, qui avait été hospitalisée de force après une grève de la faim de 16 ans au Manipur. Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont appelé le gouvernement indien à respecter les droits de Wangchuk. « Forcer un gréviste de la faim à être hospitalisé contre son gré peut constituer une violation de ses droits fondamentaux », a souligné un porte-parole d'Amnesty.

Selon la législation indienne, la détention arbitraire est interdite par l'article 21 de la Constitution, qui garantit le droit à la vie et à la liberté. Cependant, les autorités peuvent invoquer des motifs de santé publique pour justifier une hospitalisation forcée.

Mobilisation croissante

Des centaines de manifestants se sont rassemblés le 19 juillet devant l'hôpital de Leh pour exiger la libération de Wangchuk. Des figures politiques de l'opposition, comme le député du Congrès Rahul Gandhi, ont exprimé leur soutien. « Le gouvernement Modi doit cesser de réprimer les voix dissidentes », a tweeté Gandhi.

La famille de Wangchuk craint pour sa vie si la grève de la faim se poursuit. « Il est déterminé à aller jusqu'au bout, mais nous espérons que le gouvernement entendra sa demande », a déclaré Tsering Angmo. Le projet de barrage, soutenu par le gouvernement central, est présenté comme essentiel pour l'approvisionnement énergétique de la région.

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