Une enquête internationale menée par Forbidden Stories, en collaboration avec 14 médias dont Le Monde, Haaretz et The Guardian, révèle l'ampleur de l'espionnage mené par les services de renseignements marocains via le logiciel Pegasus depuis 2017. Cette investigation, publiée en cinq volets, s'appuie sur les témoignages d'un lanceur d'alerte surnommé "Safir", ancien membre du renseignement intérieur marocain, qui s'est confié au journaliste Hicham Mansouri, lui-même ciblé par le Royaume.
Des cibles de haut rang
Parmi les personnalités espionnées figurent le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et plusieurs de ses ministres, ciblés en 2021 et 2022. En France, Sébastien Lecornu, alors ministre des Collectivités territoriales, a vu son téléphone visé alors que l'État français envisageait d'acquérir le logiciel. L'enquête montre que plus de 200 numéros de téléphone mobiles espagnols ont été ciblés, selon The Guardian.
Un système de surveillance massive
Le logiciel Pegasus, développé par le groupe israélien NSO pour lutter contre le crime et le terrorisme, a été détourné par les services marocains pour surveiller des journalistes, des militants des droits humains et des opposants politiques. Le journaliste marocain Omar Radi témoigne : "J'étais sûr qu'ils étaient en train de travailler sur mon téléphone. Je me suis senti dans un film, un des films les plus pourris d'Hollywood."
Une enquête coordonnée
L'enquête intitulée "Projet Pegasus : Au cœur du système d'espionnage marocain" réunit une quarantaine de journalistes et une cellule d'Amnesty International. Elle est accessible gratuitement sur le site de Forbidden Stories. Cette affaire fait suite aux révélations du Projet Pegasus en 2021, qui avaient déjà mis en lumière l'utilisation abusive du logiciel par plusieurs États.



