L'opposant russe Boris Nadejdine a été condamné à une amende de 30 000 roubles (environ 300 euros) lors d'une audience qualifiée de « confuse » par son avocat, Mikhaïl Birioukov. L'audience s'est tenue le 17 juillet 2026 devant un tribunal de Moscou.
Les faits reprochés
Boris Nadejdine, ancien député et candidat à l'élection présidentielle de 2024, était poursuivi pour avoir « discrédité » l'armée russe, un délit prévu par la loi russe adoptée après le début de la guerre en Ukraine. Selon l'accusation, il aurait tenu des propos critiques envers l'armée lors d'un entretien accordé à une chaîne YouTube en 2025.
L'opposant risquait une peine allant jusqu'à cinq ans de prison, mais le tribunal a finalement retenu une qualification moins grave, celle d'infraction administrative, passible d'une simple amende. Son avocat a indiqué que la défense avait contesté les charges, arguant que les propos de Nadejdine relevaient de la liberté d'expression.
Une audience sous tension
L'audience s'est déroulée dans une atmosphère tendue, plusieurs proches de l'opposant ayant été refoulés à l'entrée du tribunal. « Le juge a refusé d'entendre plusieurs témoins de la défense et a limité le temps de parole de mon client », a déclaré Me Birioukov à l'issue de l'audience. Il a également dénoncé des « irrégularités procédurales » et a annoncé son intention de faire appel.
Boris Nadejdine, âgé de 64 ans, est connu pour ses positions libérales et son opposition au Kremlin. Il avait obtenu près de 2 % des voix lors de la présidentielle de 2024, une performance remarquée dans un contexte de répression politique.
Réactions et contexte
Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont condamné cette condamnation. Amnesty International a dénoncé une « nouvelle atteinte à la liberté d'expression en Russie ». L'opposant emprisonné Alexeï Navalny, via son équipe, a appelé à la solidarité avec Nadejdine.
Depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, la Russie a multiplié les lois réprimant la critique de l'armée et du gouvernement. Selon l'ONG OVD-Info, plus de 20 000 personnes ont été poursuivies pour « discrédit » des forces armées depuis 2022. Cette affaire illustre la pression croissante sur les voix dissidentes en Russie.



