Les rebelles Houthis du Yémen ont revendiqué, jeudi 5 août, l'attaque d'un deuxième pétrolier saoudien en mer Rouge, portant à deux le nombre de navires visés en une seule journée. Cette escalade intervient dans un contexte de tensions régionales accrues et menace la sécurité des voies maritimes vitales pour le transport pétrolier mondial.
Une double attaque revendiquée par les Houthis
Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Sari, a annoncé dans un communiqué que les forces yéménites avaient visé un pétrolier saoudien, le Diamond Marine, avec un missile balistique et des drones, quelques heures après avoir frappé un premier navire, le Sea Pearl. Selon lui, ces opérations s'inscrivent dans le cadre de la riposte aux frappes aériennes menées par la coalition saoudienne au Yémen.
Les autorités saoudiennes n'ont pas immédiatement confirmé ces informations, mais des sources maritimes ont signalé des incidents en mer Rouge, sans faire état de victimes. Le trafic dans la zone reste toutefois perturbé, de nombreux armateurs choisissant de dérouter leurs navires par crainte d'attaques.
Des conséquences économiques et stratégiques
La mer Rouge est l'une des routes maritimes les plus fréquentées au monde, avec environ 10 % du commerce mondial qui y transite, dont une part importante du pétrole brut et des produits raffinés. Toute menace dans cette zone a des répercussions directes sur les prix de l'énergie et la sécurité des approvisionnements.
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), environ 6 millions de barils de pétrole transitent chaque jour par le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden. Une perturbation prolongée pourrait entraîner une flambée des prix du brut, déjà volatils sur les marchés internationaux.
Cette attaque intervient alors que les négociations de paix au Yémen, parrainées par l'ONU, semblent au point mort. Les Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa et de vastes territoires, ont intensifié leurs frappes contre l'Arabie saoudite depuis plusieurs semaines, en réponse aux opérations militaires de la coalition dirigée par Ryad.
Réactions internationales et risques d'escalade
La communauté internationale a condamné ces attaques, appelant à la retenue et à la protection des voies maritimes. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a exhorté toutes les parties à cesser les hostilités et à privilégier le dialogue. Les États-Unis ont également exprimé leur préoccupation, tout en réaffirmant leur soutien à leurs alliés saoudiens.
Pour les experts, cette double attaque marque une escalade significative, car elle cible des navires commerciaux et non des cibles militaires. « Cela montre que les Houthis sont capables de frapper avec précision et qu'ils sont prêts à étendre leur zone de combat en mer », analyse un chercheur spécialisé dans la sécurité régionale.
La compagnie saoudienne Aramco, qui exploite les deux pétroliers, n'a pas commenté dans l'immédiat. Toutefois, des mesures de sécurité renforcées ont été prises pour protéger ses installations et ses navires.
Un impact sur la navigation et les assurances maritimes
Les compagnies d'assurance maritimes ont déjà commencé à augmenter les primes pour les navires transitant par la mer Rouge, ce qui renchérit le coût du transport pour les armateurs. Certaines compagnies ont même décidé de suspendre temporairement leurs traversées dans la zone, préférant contourner par le cap de Bonne-Espérance, allongeant les trajets de plusieurs semaines.
Cette situation pèse sur le commerce mondial, déjà fragilisé par la pandémie de Covid-19 et les tensions géopolitiques. Les économies de la région, dépendantes du tourisme et des échanges, pourraient également souffrir d'une instabilité accrue.
En attendant, les Houthis menacent de nouvelles frappes si la coalition saoudienne ne met pas fin à ses opérations. Le risque d'un embrasement régional reste élevé, alors que les efforts diplomatiques peinent à aboutir à un cessez-le-feu durable.



