Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a qualifié l'accord-cadre récemment annoncé entre Israël et le Liban de « grave erreur », lors d'un discours télévisé diffusé samedi 27 juin. Il a accusé les autorités libanaises de « trahison » et menacé de riposter si l'accord était mis en œuvre.
Des accusations de trahison
« Cet accord est une capitulation déguisée », a déclaré Nasrallah, ajoutant qu'il « légitime l'occupation israélienne » et « bafoue les droits du Liban ». Il a appelé les Libanais à « résister par tous les moyens » contre ce qu'il considère comme une « atteinte à la souveraineté nationale ».
L'accord-cadre, parrainé par les États-Unis et la France, vise à délimiter la frontière maritime entre Israël et le Liban, ouvrant la voie à l'exploitation de gisements de gaz offshore. Selon des sources diplomatiques, il prévoit également un mécanisme de sécurité pour prévenir les incidents frontaliers.
Frappe israélienne dans le sud du Liban
Quelques heures après les déclarations de Nasrallah, l'armée israélienne a annoncé avoir mené une frappe aérienne dans le sud du Liban, visant « des infrastructures terroristes du Hezbollah ». Selon un porte-parole militaire, « la frappe a ciblé un site de lancement de roquettes et un entrepôt d'armes ».
Des sources locales libanaises ont rapporté des explosions dans la région de Tyr, sans faire état de victimes dans l'immédiat. L'armée israélienne a précisé que l'opération était une réponse à des tirs de roquettes depuis le Liban vers le nord d'Israël plus tôt dans la journée.
Réactions internationales
Les États-Unis ont appelé à la retenue, tandis que la France a exhorté les parties à respecter l'accord-cadre. « Toute escalade compromet les progrès réalisés », a déclaré un porte-parole du Quai d'Orsay.
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a exprimé sa préoccupation et demandé une enquête sur les violations éventuelles de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui a mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.
Un contexte tendu
L'accord-cadre, signé sous médiation américano-française, avait été salué par la communauté internationale comme une avancée diplomatique majeure. Cependant, le Hezbollah, qui dispose d'une influence considérable au Liban, le rejette catégoriquement, le considérant comme une « soumission aux exigences israéliennes ».
Selon des analystes, cette opposition pourrait compromettre la mise en œuvre de l'accord et accroître les tensions entre Israël et le Hezbollah, déjà exacerbées par des échanges de tirs récurrents le long de la frontière.



