Kyiv a annoncé ce vendredi 7 août avoir mené une frappe contre un dépôt de munitions dans la région russe de Koursk, tandis que Moscou a revendiqué la prise d'un village dans l'est de l'Ukraine. Ces annonces illustrent l'intensification des combats sur plusieurs fronts, alors que la guerre entre dans son dix-huitième mois.
Frappe ukrainienne en territoire russe
Selon l'état-major ukrainien, une attaque a visé un dépôt de munitions situé dans la région de Koursk, à environ 90 kilomètres de la frontière. « Les forces armées ukrainiennes ont détruit un important arsenal ennemi », a déclaré le porte-parole militaire, sans préciser le nombre de victimes. Des vidéos non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux montrent une énorme explosion, confirmant l'ampleur des dégâts.
Cette frappe s'inscrit dans une stratégie ukrainienne visant à perturber la logistique russe. Depuis plusieurs semaines, Kyiv a multiplié les attaques contre des infrastructures militaires en Russie, notamment des dépôts de carburant et des centres de commandement. « Nous frappons les nœuds logistiques de l'ennemi pour affaiblir sa capacité à soutenir ses troupes en première ligne », a expliqué un analyste militaire ukrainien.
Avancée russe dans l'est
De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé que ses troupes avaient pris le contrôle du village de Novoselivka, dans la région de Donetsk. « Les unités russes ont libéré la localité de Novoselivka », a indiqué le ministère dans son rapport quotidien. Cette avancée, si elle est confirmée, permettrait aux forces russes de se rapprocher de la ville stratégique de Pokrovsk, un nœud ferroviaire important pour l'approvisionnement ukrainien.
Les combats dans cette zone sont particulièrement intenses. Selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), les forces russes ont progressé de plusieurs kilomètres ces dernières semaines, malgré de lourdes pertes. « La pression russe sur Pokrovsk est constante, mais les Ukrainiens tiennent bon pour l'instant », a commenté un expert de l'ISW.
Impact humanitaire et diplomatique
Sur le plan humanitaire, les autorités ukrainiennes ont signalé que les frappes russes ont fait au moins trois morts et douze blessés dans la région de Kharkiv au cours des dernières 24 heures. Les bombardements ont également endommagé des infrastructures civiles, notamment des écoles et des hôpitaux. « Chaque jour, des civils paient le prix de cette guerre », a déploré le gouverneur de Kharkiv.
Parallèlement, les efforts diplomatiques se poursuivent. Des discussions sont prévues la semaine prochaine à Djeddah, en Arabie saoudite, avec la participation de conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays, mais sans la Russie. Kyiv espère obtenir un soutien accru pour son plan de paix, qui exige le retrait total des troupes russes du territoire ukrainien.
Réactions internationales
Les États-Unis ont annoncé un nouveau paquet d'aide militaire de 200 millions de dollars, comprenant des munitions et des systèmes de défense aérienne. « Nous continuerons à soutenir l'Ukraine aussi longtemps que nécessaire », a déclaré un porte-parole du Pentagone. De son côté, l'Union européenne envisage de nouvelles sanctions contre la Russie, ciblant notamment le secteur énergétique.
La Chine a appelé à la retenue et à une « désescalade », tout en réaffirmant son opposition aux sanctions unilatérales. Pékin a également proposé de jouer un rôle de médiateur, une offre que Kyiv a jusqu'à présent jugée « prématurée ».



