Le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 point au deuxième trimestre 2026, pour atteindre 8,3 %, son plus haut niveau depuis l'automne 2020, en pleine crise sanitaire, selon les données publiées par l'Insee ce vendredi. En nombre, cela représente 2,7 millions de personnes sans emploi et activement à la recherche d'un travail, soit une hausse de 62 000 par rapport au trimestre précédent.
Une hausse généralisée pour toutes les tranches d'âge
L'augmentation du chômage touche toutes les catégories d'âge. Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans rebondit particulièrement, avec une hausse de 0,4 point, pour s'établir à 21,6 %. Les 25-49 ans voient leur taux progresser de 0,2 point, à 7,5 %, son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021. Les seniors de 50 ans et plus ne sont pas épargnés : leur taux augmente de 0,3 point, à 5,5 %, un sommet inédit depuis le premier trimestre 2022.
Un niveau toujours inférieur au pic de 2015
Malgré cette hausse, l'Insee relativise : le taux de chômage « demeure toutefois nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (-2,2 points) ». L'institut précise également que les données intègrent désormais Mayotte, ce qui modifie à la marge les indicateurs. « L'intégration de Mayotte modifie à la marge les niveaux des principaux indicateurs conjoncturels du marché du travail et leurs évolutions », souligne l'Insee.
L'impact de la loi pour le plein-emploi
Depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein-emploi en janvier 2025, « les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage », indique l'Insee. Cette réforme prévoit l'inscription automatique de ces personnes sur les listes des demandeurs d'emploi, ce qui mécaniquement augmente les statistiques. Même en excluant cet effet, l'objectif présidentiel de ramener le chômage à 5 % d'ici 2027 semble s'éloigner.
Le halo du chômage : 1,9 million de personnes supplémentaires
En plus des 2,7 millions de chômeurs au sens du BIT, 1,9 million de personnes souhaitent un emploi mais ne sont pas comptabilisées comme chômeurs, car elles ne recherchent pas activement ou ne sont pas disponibles immédiatement. Ce « halo autour du chômage » est quasi stable sur le trimestre, avec une augmentation de 6 000 personnes.
Réaction du gouvernement
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a réagi dans un communiqué : « Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste. Notre responsabilité est de poursuivre cette dynamique en relevant les trois grands défis de l'emploi. » Il a cité trois priorités : faciliter l'insertion des jeunes, favoriser le maintien en emploi des travailleurs expérimentés et adapter les compétences aux besoins des entreprises, notamment « dans le nucléaire, la transition écologique ou l'industrie de défense ».



