Argentine : quatrième grève générale contre la réforme du travail de Javier Milei
Grève générale en Argentine contre la réforme du travail de Milei

Quatrième grève générale en Argentine contre la réforme du travail de Javier Milei

Le président argentin Javier Milei fait face, jeudi 19 février 2026, à sa quatrième grève générale en un peu plus de deux ans de mandat. Cette mesure de force vise directement sa réforme de dérégulation du travail, qui progresse pourtant au Parlement.

Une paralysie nationale organisée

Depuis minuit heure locale (4 heures à Paris) et pour 24 heures, les trains, bus, aéroports, ports, banques et la fonction publique se paralysent ou tournent au ralenti. La grande centrale syndicale CGT a promis une grève « forte » qui affecte également commerces et restaurants, en fonction des difficultés d'acheminement des employés.

L'impact s'annonce plus marqué que la dernière grève en avril 2025 pour la défense du pouvoir d'achat. Aerolineas Argentinas a annoncé l'annulation de 255 vols jeudi, dont une trentaine de vols internationaux, affectant au total plus de 30 000 passagers.

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Une réforme controversée au cœur des tensions

La mobilisation illustre un regain de conflictualité sociale, quatre mois après le succès électoral de l'ultralibéral Javier Milei, sorti renforcé des législatives de mi-mandat. Elle vise la réforme du travail, projet-clef de sa deuxième moitié de mandat, dont débattra jeudi la Chambre des députés.

« Nous voulons dire au gouvernement que le peuple lui a donné son vote, mais pas pour qu'il lui retire des droits », a déclaré Cristian Jeronimo, codirigeant de la CGT, à la veille de la grève.

Les principales mesures contestées

La réforme retouche en profondeur divers aspects de la loi du travail :

  • Facilitation des licenciements
  • Réduction du barème d'indemnités
  • Extension possible de la journée de travail (de 8 à 12 heures)
  • Élargissement des services dits « essentiels » en cas de grève
  • Autorisation du fractionnement des congés

Deux visions opposées

Pour l'exécutif, cette « modernisation du travail » doit permettre de doper l'embauche dans une économie où plus de 40% de l'emploi est informel. Le gouvernement dénonce notamment « l'industrie des procès », une judiciarisation à outrance du monde du travail.

La CGT rétorque qu'il s'agit d'une « précarisation » et dénonce une loi « régressive ».

Avancée parlementaire malgré l'opposition

Le projet de loi avance néanmoins au Parlement. Il a été approuvé mercredi dernier au Sénat, moyennant quelques compromis de l'exécutif sur les cotisations patronales à la couverture santé. Le gouvernement est confiant dans son approbation par les députés, après de nouvelles concessions et l'abandon des indemnités dégressives en cas de maladie.

Si approuvé jeudi, le texte devra repasser au Sénat la semaine prochaine pour avaliser ces changements.

Tensions sociales et contexte économique

Mercredi dernier, de brefs mais violents heurts avaient opposé de petits groupes de manifestants et la police en marge d'une manifestation contre la réforme. Le ministère de la sécurité a mis en garde les journalistes pour « préserver leur intégrité physique » lors de la couverture des manifestations.

Symboliquement, l'annonce de la fermeture d'une usine emblématique de 80 ans, principal producteur de pneus d'Argentine, avec la perte de 900 emplois, est venue plomber davantage le panorama social.

Javier Milei, au pouvoir depuis décembre 2023, a enregistré un succès macro-économique majeur en maîtrisant l'inflation, ramenée en deux ans de plus de 150% à 32% en interannuel. Ce, au prix de coupes dans l'emploi public, d'une drastique austérité budgétaire et d'une ouverture marquée aux importations.

En deux ans, près de 300 000 emplois ont été perdus, publics et privés confondus, selon les données du secrétariat du travail.

Loin des tensions sociales, Javier Milei sera jeudi à Washington pour la première réunion du « Conseil de paix » de son allié Donald Trump, tandis que la CGT et d'autres syndicats maintiennent la pression sur le terrain.

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