Le député européen Raphaël Glucksmann a révélé lundi soir sur les réseaux sociaux avoir été la cible d'une opération de désinformation orchestrée par le groupe Storm-1516, directement piloté par le GRU, les services de renseignement militaires russes. Selon une source sécuritaire confirmant l'information à l'AFP, cette attaque visait à déstabiliser l'élection présidentielle française de 2027.
Une manipulation sophistiquée avec deepfake
L'opération, détectée à la fin de la semaine dernière, reposait sur une manipulation jugée « relativement sophistiquée » par la source sécuritaire, bien que son niveau de visibilité sur les réseaux sociaux soit resté « relativement faible ». Le dispositif comprenait un deepfake détournant l'identité et la voix d'Edwy Plenel, journaliste connu, pour donner de la crédibilité à une fausse vidéo impliquant également Léa Salamé, la compagne de Raphaël Glucksmann.
Cette fausse information évoquait un prétendu « complot » destiné à favoriser la candidature de Glucksmann. Le deepfake a été diffusé via un faux média reproduisant les codes graphiques du site Blast, puis relayé par d'autres faux médias sur les réseaux sociaux. Edwy Plenel avait d'ailleurs alerté sur X de l'existence de cette vidéo truquée quelques jours plus tôt.
Un mode opératoire typique des services russes
Raphaël Glucksmann a dénoncé « le but est de rendre viral un mensonge total pour salir des personnalités considérées comme hostiles par le régime russe ». Il estime qu'il s'agit du « mode opératoire typique des services russes partout en Europe ». Le même groupe Storm-1516 avait déjà ciblé en juillet un autre candidat déclaré, Édouard Philippe, en relayant de fausses informations sur son état de santé.
Le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) a informé le député européen de cette attaque. Selon lui, les services russes « ont commencé leurs opérations de déstabilisation de la campagne de 2027. Et ce n'est qu'un début ».
Mélenchon appelle à un front commun
Jean-Luc Mélenchon a réagi sur X en jugeant « urgent de se protéger collectivement contre ces campagnes de déstabilisation ». Le leader de La France insoumise affirme que le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, avait transmis au Premier ministre Sébastien Lecornu des propositions pour lutter contre ces ingérences. « Il devait nous revoir. Pas de nouvelle », regrette-t-il, plaidant pour « organiser un front commun contre les ingérences ».
Mélenchon rappelle également que plusieurs candidats insoumis aux élections municipales avaient été visés par une campagne d'ingérence attribuée à un réseau lié à Israël, sur laquelle une enquête a été ouverte.
Une présidentielle sous ingérence massive
Raphaël Glucksmann estime que « la campagne de 2027 sera marquée par des ingérences massives ». Selon lui, Vladimir Poutine cherche à faire « basculer la France » pour provoquer « l'implosion du bloc européen ». Il affirme que « ses services cibleront donc tous les candidats démocrates et pro-européens » et qu'il sera « particulièrement » visé en raison de son engagement pour la souveraineté européenne. « Loin de m'intimider, leur hostilité me motive. Nous ne laisserons pas les sbires du Kremlin ébranler notre démocratie », conclut-il.



