Israël a averti dimanche le mouvement islamiste palestinien Hamas qu'il intensifierait ses opérations dans la bande de Gaza si les tirs vers son territoire ne cessaient pas. Dans un communiqué commun, le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz ont déclaré que « si les tirs en direction d'Israël ne cessent pas immédiatement, l'armée prendra des mesures pour intensifier les opérations ciblées contre les responsables de ces tirs ». Ils ont également précisé que l'armée « évacuera la population des zones d'où sont lancés des cerfs-volants, des drones et des ballons ».
Des engins sans explosifs récupérés près de la frontière
Les médias israéliens ont rapporté que quatre cerfs-volants ont été retrouvés samedi dans des localités proches de la frontière et qu'un autre a été abattu par l'armée dimanche, portant à une dizaine environ le nombre total récupéré ces derniers jours. Selon eux, l'armée estime que le Hamas est à l'origine de ces lancements d'engins, qui ne transportaient pas d'explosifs, et qu'il pourrait vouloir tester la manière dont Israël réagit.
Même s'ils ne transportaient pas d'explosifs, leur lancement ravive le souvenir des vagues de cerfs-volants et de ballons incendiaires lancés depuis le territoire palestinien ces dernières années, qui ont déclenché des incendies dans des terres agricoles du sud d'Israël. Une réunion à ce sujet avec les plus hauts responsables militaires et sécuritaires israéliens s'est d'ailleurs tenue.
Le Hamas dément et dénonce un « prétexte »
Bassem Naim, membre du bureau politique du Hamas, a assuré dans un communiqué que les cerfs-volants avaient été « lancés depuis Gaza par des enfants en quête de leur enfance innocente au milieu des décombres ». Dans un autre communiqué, le mouvement islamiste a accusé Israël d'utiliser les cerfs-volants comme « prétexte » pour justifier les frappes aériennes menées dimanche dans le centre de la bande de Gaza, au cours desquelles trois personnes ont été tuées selon la défense civile.
« C'est la responsabilité de l'armée d'agir à temps », a indiqué de son côté, côté israélien, Uri Epstein, un représentant des communautés qui vivent à proximité de la frontière avec Gaza, dont beaucoup ont été attaquées lors de l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
Cette escalade verbale survient alors que les tensions restent vives autour de la bande de Gaza, et que les communautés israéliennes proches de la frontière demeurent en première ligne. La décision d'évacuer les zones de lancement, si elle est mise en œuvre, pourrait entraîner des déplacements de population supplémentaires dans l'enclave palestinienne.



