Sahel : les djihadistes financent leurs activités via le lithium
Sahel : djihadistes et criminels financent leurs activités via le lithium

Au Sahel, les groupes djihadistes et criminels financent en partie leurs activités via l'extraction de lithium, une ressource stratégique prisée pour la fabrication de batteries. C'est ce que révèle Bradley Mortin, politiste spécialiste de la région, dans une analyse publiée le 24 août 2026.

Une manne financière pour les groupes armés

Selon Bradley Mortin, chercheur au sein d'un institut de recherche basé à Bamako, l'exploitation artisanale du lithium est devenue une source de revenus significative pour les groupes djihadistes et criminels actifs dans la zone des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). Ces groupes contrôlent désormais plusieurs sites d'extraction, où ils prélèvent des taxes sur les mineurs et les commerçants, générant ainsi des revenus estimés à plusieurs millions de dollars par an.

Le politiste souligne que cette situation est le résultat de la porosité des frontières et de la faiblesse de la présence étatique dans ces régions. Les groupes armés y ont établi leur propre système de gouvernance, imposant des règles et collectant des impôts sur le lithium, qui s'ajoutent à d'autres sources de financement comme la contrebande et les enlèvements.

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Un impact sur la sécurité régionale

Cette nouvelle manne financière renforce la capacité opérationnelle des groupes djihadistes, leur permettant d'acheter des armes, de recruter et de maintenir leur emprise sur les territoires. Pour Bradley Mortin, cela complique encore davantage les efforts des forces armées locales et de la mission de maintien de la paix de l'ONU (MINUSMA), qui tentent de stabiliser la région.

Le chercheur appelle à une meilleure régulation de l'extraction de lithium et à une coopération internationale accrue pour traquer les circuits financiers illicites. Il propose notamment la mise en place d'un système de certification des minerais, similaire à celui existant pour les diamants, afin de garantir que le lithium extrait au Sahel ne profite pas aux groupes armés.

Une ressource stratégique pour la transition énergétique

Le lithium est un composant essentiel des batteries des véhicules électriques et des appareils électroniques, ce qui en fait une ressource très convoitée à l'heure de la transition énergétique. Les gisements sahéliens, bien que moins connus que ceux d'Australie ou d'Amérique du Sud, attirent l'attention des entreprises internationales, mais leur exploitation est entravée par l'insécurité.

Bradley Mortin insiste sur le fait que la communauté internationale doit prendre conscience de ce lien entre ressources naturelles et terrorisme. Il préconise des investissements dans le développement économique local, afin de proposer des alternatives aux populations qui dépendent de l'extraction illégale pour survivre. Sans cela, prévient-il, les groupes djihadistes continueront de prospérer grâce à cette manne.

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