Mort de Philippe Bouvard : Muriel Robin raconte ses débuts au Théâtre de Bouvard
Philippe Bouvard : Muriel Robin se souvient de ses débuts

Muriel Robin a exprimé sa gratitude envers Philippe Bouvard, décédé récemment, dans un entretien où elle revient sur ses débuts au Théâtre de Bouvard. Elle confie : « Sans lui, je n'aurais peut-être même pas fait carrière ». L'humoriste évoque une rencontre marquante au début des années 80, alors qu'elle n'avait jamais écrit de sa vie. Ses trois premiers sketches, rédigés avec deux amies, ont été achetés du jour au lendemain par le célèbre animateur d'Antenne 2.

Des débuts sous le signe de la rigueur

Pour convaincre Philippe Bouvard, réputé pour sa dureté, Muriel Robin et ses amies avaient préparé trois sketches. « Ce n'était pas facile d'être face à lui, à enfiler des sacs-poubelles en guise de vêtements pour le compte d'un sketch et là, on l'entend dire : "J'achète" », raconte-t-elle. Cette première vente, d'un montant de 1 300 francs de l'époque, représentait une véritable porte d'entrée dans le métier. Elle se souvient : « Quand vous arriviez à vendre un sketch à Philippe, c'était de l'ordre de 1 300 francs de l'époque, c'était une manière de rentrer dans le métier ».

Une relation faite de tendresse et de mots

Malgré la dureté initiale, une relation particulière s'est nouée. Muriel Robin se rappelle un moment décisif : « Pendant longtemps, il ne m'appelait pas par mon prénom et un jour j'ai voulu arrêter. J'avais préparé ma valise pour rentrer chez moi, à Saint-Étienne, et comme s'il savait que j'allais partir, il m'a dit : "Vous partez, Muriel ?", et j'ai entendu : "Je vous aime". Et je ne suis pas partie… ».

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En 1983, lors d'une émission, Philippe Bouvard a présenté chacun de ses humoristes. Pour Muriel Robin, il a déclaré : « Muriel Robin, la plus drôle de l'émission, donc la plus drôle de la télé, donc la plus drôle de France ». Elle a enregistré ce moment pour le montrer à ses parents.

Un maître des lieux et un homme moderne

Philippe Bouvard n'était pas un conseiller au sens classique, mais un découvreur de talents. « Il était là pour repérer les jeunes talents surtout », explique Muriel Robin. Les auditions se déroulaient dans un couloir au Studio Gabriel, « presque entre deux portes ». Elle le décrit comme « un homme moderne, un bosseur, un homme d'affaires, un homme de mots », qui travaillait dans sa voiture, une pratique alors nouvelle en France.

Cette rencontre a également permis à Muriel Robin de rencontrer Didier Bénureau, avec qui elle a joué dans une pièce à Avignon grâce à Philippe Bouvard. Leur lien est resté fort : elle l'appelait chaque année pour son anniversaire. Avec le temps, il s'est adouci, allant jusqu'à l'appeler « Chérie » au téléphone, un souvenir marquant pour l'humoriste. « Il me disait qu'il était fier de moi », conclut-elle.

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