Loup : trois éleveurs unis dans un groupement pastoral
Loup : trois éleveurs créent un groupement pastoral

Trois éleveurs de brebis de Lozère ont créé le groupement pastoral du Méjean pour protéger leurs troupeaux des attaques de loup. Depuis le 20 juin et jusqu'au 21 septembre, 480 brebis sont placées sous la surveillance d'un berger professionnel, Guillaume Constant, sur près de 150 hectares à Mas-de-Val. Cette initiative, soutenue par le plan loup, fait suite à un été 2025 particulièrement éprouvant.

Un été 2025 marqué par six attaques de loup

Sarah Déjean et Philippe Clément, de la Ferme du Fraïsse à Mas-Saint-Chély, ont décidé d'embaucher un berger après avoir subi six attaques de loup durant l'été 2025. « L'été dernier, nous avons eu six attaques de loup ; ça ne pouvait pas continuer comme ça », rappelle l'éleveur, qui glisse avoir été « très impacté, très touché » par ces faits. Jusqu'alors, une surveillance qu'ils effectuaient eux-mêmes leur permettait de mener de front les autres activités de leur exploitation biologique, comme l'apiculture et la transformation de petits fruits. Avec les attaques, cela n'était plus possible.

Un groupement pastoral pour mutualiser les moyens

Pour créer cet emploi, le Gaec s'est rapproché de deux autres élevages de brebis, celui de Chantal Chapelle à Bédouès-Cocurès, et celui du Gaec de l'Oultre à Cans-et-Cévennes. Ainsi est né le groupement pastoral du Méjean, présidé par Philippe Clément. Il bénéficie d'une aide dans le cadre du plan loup.

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« Nous avons dû nous assurer que nous avions la même façon de conduire le troupeau », pose Philippe Clément ; il fallait aussi se mettre d'accord sur les pratiques sanitaires, comme le déparasitage et autres mesures de suivi effectuées sur les animaux : l'entente sur les pratiques est en effet un prérequis pour cette aventure collective.

480 brebis sur 150 hectares sous surveillance

Il a fallu, enfin, trouver des terres pour nourrir tout ce monde. C'est un propriétaire de la commune, avec l'accord également d'un éleveur local, qui a permis au groupement pastoral de bénéficier de près de 150 hectares, à Mas-de-Val, pour organiser le pâturage des 480 brebis regroupées pour l'été. Guillaume Constant, berger expérimenté, veille donc sur les troupeaux, cinq jours sur sept. Le week-end, les éleveurs se relaient. Ils l'assistent aussi dans des tâches logistiques.

Des parcours de pâturage et une roulotte qui se déplace

Plusieurs zones ont été définies ; chaque jour, les brebis vont pâturer sur un secteur différent. « On arrive avec l'abreuvoir, les cuves à eau, la roulotte et des filets pour faire les parcs, un parc de chaume pour le repos en journée, et un parc de nuit », résume le berger. Le reste de la journée, il accompagne les brebis à travers des parcours de pâturage, selon un circuit journalier qu'il établit en fonction de la végétation. Une roulotte a été conçue exprès, sur-mesure, pour lui permettre d'être au plus près des bêtes, la nuit (il dispose aussi d'un gîte). « Je me suis équipé en outils de vision nocturne […]. Quand on ne voit pas ce qu'il se passe, on doute, on psychote. »

Cette année, aucun loup n'a été vu. La présence humaine l'a peut-être découragé, ou bien est-ce le résultat des prélèvements effectués l'an dernier sur le secteur. Le berger, en tout cas, reste sur le qui-vive.

La menace des incendies

Il guette aussi les incendies, autre motif d'inquiétude : « Chaque matin, je me lève et je regarde à l'horizon si je vois des fumées. » L'emplacement du parc de nuit est étudié : « Le risque d'incendie est pris en compte pour son implantation, explique Philippe Clément. Il faut faire en sorte d'avoir une zone dégagée pour lever le camp rapidement si besoin. »

Le groupement pastoral a reçu dernièrement la visite de plusieurs partenaires et soutiens, préfet, directrice départementale des Territoires, Copage, conseil départemental… L'occasion d'échanger sur cette expérience et de faire un retour très concret sur la création du groupement pastoral, les enjeux, les leviers activés, les difficultés administratives rencontrées, etc. En Lozère, il existe quinze groupements pastoraux. La formule pourrait séduire encore d'autres éleveurs. Le groupement pastoral du Méjean a d'ailleurs déjà été approché. Des candidatures conditionnées notamment aux terres disponibles.

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