La force des faibles : comment Iran et Ukraine tiennent tête à Trump et Poutine
Force des faibles : Iran et Ukraine résistent à Trump et Poutine

David contre Goliath : l'Ukraine et l'Iran défient les superpuissances

Il n’y a pas que dans la Bible que David tient tête à Goliath. Deux des maîtres du monde, Donald Trump et Vladimir Poutine, se retrouvent en difficulté face à plus petits qu’eux. Pourtant, l’un comme l’autre avaient clamé qu’en quelques jours à peine, ils régleraient le sort de leurs adversaires. Le maître du Kremlin voyait déjà ses troupes, après une percée éclair, pénétrer dans Kiev, renverser Volodymyr Zelensky et remettre le pays sous la botte de Moscou. L’ogre russe ne voulait faire de l’Ukraine qu’une bouchée. Au lieu de cela, quatre ans plus tard, il n’a grignoté que les territoires les plus à l’Est.

Des drones ukrainiens jusqu'aux portes de Moscou

L’Ukraine s’est même enhardie au point de lancer, ces dernières semaines, des centaines de drones sur des points stratégiques, des raffineries notamment, dans la banlieue même de Moscou. Ces aéronefs, miniatures et peu chers mais redoutablement efficaces, sont devenus l’arme de prédilection des petits qui ne peuvent rivaliser avec les avions de chasse des grandes puissances. Selon des sources locales, la capitale russe connaît une pénurie de carburant à la suite de ces attaques, provoquant de longues files d'attente devant les stations-service, comme l'illustre une photographie d'Igor Ivanko pour l'AFP.

L'Iran résiste à la pression américaine

L’Iran a également rabattu le caquet de Donald Trump qui s’était vanté d’éradiquer le régime comme on fait, d’une pichenette, tomber des dominos. La première puissance mondiale, qui n’a toujours pas conclu un accord sur une dénucléarisation, avait sans doute mal jaugé la capacité à résister des mollahs et des gardiens de la révolution qui tiennent le pays d’une main de fer depuis plus de 40 ans. Comme Vladimir Poutine, qui doit désormais faire face au mécontentement de sa population à cause des pénuries d’essence, Donald Trump a laissé des plumes dans une guerre qui a surtout réussi à déstabiliser l’économie mondiale avec la flambée du prix du pétrole.

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Les leçons non apprises des échecs passés

Pourtant Poutine comme Trump auraient pu tirer la leçon de l’échec de certains de leurs prédécesseurs s’ils n’avaient été aveuglés par leur orgueil démesuré. L’URSS s’était embourbée en Afghanistan avant de se retirer piteusement laissant la voie libre à la tyrannie des talibans. Les États-Unis, avec la seconde guerre du Golfe, avaient surtout provoqué, en renversant Saddam Hussein, une profonde déstabilisation de l’Irak et plus largement du Moyen-Orient. Combien de militaires ukrainiens et russes mais aussi de civils ont perdu la vie dans cette guerre inutile. Au Moyen-Orient, personne n’aurait regretté la fin de cette dictature théocratique mais le président américain ne l’a-t-il pas en quelque sorte renforcé par son impéritie ? Il ne faut jamais sous-estimer la force des faibles.

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