En Inde, la marche inexorable du suprémacisme hindou
En Inde, la marche inexorable du suprémacisme hindou

Le constat est sans appel : sous le régime de Narendra Modi, l'Inde glisse inexorablement vers un suprémacisme hindou. Selon une enquête approfondie du Monde, les discriminations contre les minorités religieuses, notamment musulmanes, se sont institutionnalisées, tandis que les violences intercommunautaires se multiplient. Le pays, qui se targuait d'être une démocratie pluraliste, voit son tissu social se déchirer sous l'effet d'une idéologie nationaliste hindoue de plus en plus hégémonique.

Une discrimination systémique à tous les niveaux

L'enquête révèle que les discriminations ne sont plus seulement le fait de groupes extrémistes, mais qu'elles sont désormais orchestrées par l'État lui-même. Des lois sur la citoyenneté excluant les musulmans aux attaques contre les universités et les médias, en passant par la réécriture des manuels scolaires, le gouvernement de Narendra Modi met en œuvre un programme politique visant à marginaliser durablement les minorités.

Les chiffres sont éloquents : selon le rapport, les violences contre les musulmans ont augmenté de 28 % en cinq ans, tandis que les attaques contre les églises et les chrétiens se sont intensifiées. Les défenseurs des droits humains dénoncent une « criminalisation de la dissidence », avec des arrestations arbitraires et des procès visant les militants et les journalistes critiques.

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La réécriture de l'histoire au service de l'idéologie

L'un des aspects les plus préoccupants est la réécriture de l'histoire indienne. Les programmes scolaires sont modifiés pour minimiser l'empreinte moghole et musulmane, tandis que les figures historiques hindoues sont glorifiées. Les manuels d'histoire sont désormais conçus pour inculquer une vision du passé conforme à l'idéologie du Hindutva, le nationalisme hindou.

Cette entreprise de réécriture touche également les symboles nationaux. Le gouvernement a ainsi renommé des villes et des monuments pour leur donner des noms hindous, effaçant progressivement la diversité culturelle du pays. Les musées et les sites patrimoniaux sont également concernés, avec une mise en avant exclusive du patrimoine hindou.

Une société civile sous pression

Face à cette dérive, la société civile indienne tente de résister, mais elle est de plus en plus étouffée. Les organisations de défense des droits humains, les ONG et les syndicats sont soumis à des contrôles fiscaux et à des restrictions de financement. Les journalistes indépendants sont harcelés, et les réseaux sociaux sont surveillés de près.

Selon le rapport, plus de 400 activistes et journalistes ont été arrêtés au cours des deux dernières années pour des motifs jugés « politiques ». Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de maintenir l'ordre public et de lutter contre le terrorisme, mais les organisations internationales dénoncent une dérive autoritaire.

Un avenir incertain pour la démocratie indienne

L'Inde de Narendra Modi, forte de ses 1,4 milliard d'habitants, est aujourd'hui à la croisée des chemins. La montée du suprémacisme hindou menace les fondements mêmes de la démocratie indienne, qui reposait sur le pluralisme et la coexistence des communautés. Les élections à venir seront un test crucial pour l'avenir du pays.

Les analystes s'accordent à dire que si cette tendance se poursuit, l'Inde risque de devenir un État ethnocratique, où la majorité hindoue exercerait un contrôle exclusif sur l'appareil d'État. Une perspective qui inquiète les observateurs internationaux, mais qui semble être assumée par le gouvernement Modi, déterminé à imposer sa vision de l'Inde.

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