Dans une tribune publiée par Le Monde le 18 août 2026, l'historien Vincent Lemire, spécialiste de Jérusalem, dénonce l'inaction des gouvernements occidentaux face à la violence en Cisjordanie. Selon lui, cette passivité « permet à la violence de se déchaîner » dans le territoire palestinien occupé.
Une tribune qui pointe la responsabilité occidentale
Vincent Lemire, professeur à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée et directeur du Centre de recherche français à Jérusalem, estime que les gouvernements occidentaux, en ne réagissant pas fermement contre la colonisation israélienne, encouragent de fait les violences commises par les colons. Il souligne que « c'est bien l'inaction des gouvernements occidentaux qui permet à la violence de se déchaîner ».
L'historien rappelle que la Cisjordanie est le théâtre d'une escalade de violences depuis plusieurs mois. Les attaques de colons contre des villages palestiniens se multiplient, souvent sans que les autorités israéliennes n'interviennent. Les forces de sécurité israéliennes, censées maintenir l'ordre, sont parfois accusées de fermer les yeux sur ces exactions.
Des appels à des sanctions concrètes
Face à cette situation, Vincent Lemire appelle les gouvernements occidentaux à adopter des mesures concrètes, notamment des sanctions ciblées contre les colons violents. Il propose également de reconnaître l'État de Palestine, une mesure qui, selon lui, enverrait un signal fort en faveur d'une solution à deux États.
L'historien déplore que les déclarations de principe des chancelleries occidentales ne soient pas suivies d'effets sur le terrain. « Les condamnations verbales ne suffisent plus », écrit-il, « il faut des actes ».
Un contexte de violence croissante
Cette tribune intervient alors que la violence en Cisjordanie a atteint des niveaux records. Selon les données des Nations unies, plus de 200 Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne ou des colons depuis le début de l'année 2026. Les attaques de colons, souvent menées avec l'appui logistique de l'armée, ont conduit à l'abandon de plusieurs communautés palestiniennes.
Vincent Lemire insiste sur le fait que cette violence n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'une politique de colonisation systématique menée par le gouvernement israélien, avec la complicité passive des puissances occidentales.
Un appel à la communauté internationale
L'historien en appelle à la communauté internationale pour qu'elle agisse enfin. Il suggère notamment la création d'un mécanisme international de protection des populations palestiniennes, sur le modèle de ce qui a été fait dans d'autres zones de conflit.
Il conclut en soulignant que l'inaction actuelle a des conséquences désastreuses pour la paix et la stabilité de la région. « Chaque jour qui passe sans réaction de la communauté internationale, c'est un peu plus de violence qui s'installe », écrit-il.



