Le tribunal pénal de Damas a condamné à mort par contumace l'ancien président syrien Bachar al-Assad, a-t-on appris ce mardi 11 août 2026. Cette décision, rendue dans le cadre d'un procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, marque une étape judiciaire majeure pour la Syrie post-conflit.
Une condamnation historique
Selon le communiqué officiel du ministère de la Justice syrien, le tribunal a jugé Bachar al-Assad coupable de l'utilisation d'armes chimiques contre des civils, de la torture systématique dans les centres de détention et de la mort de plus de 300 000 personnes pendant la guerre civile. Le verdict a été prononcé par contumace, car l'ancien dirigeant se trouve en exil en Russie depuis la chute de son régime en décembre 2024.
Le procureur général, Hassan al-Khatib, a déclaré : « Cette condamnation est un acte de justice pour les victimes et un signal fort que la Syrie nouvelle ne tolérera plus l'impunité. » Il a ajouté que la sentence sera appliquée dès que l'accusé sera extradé ou capturé.
Un procès symbolique et ses limites
Ce procès, qui s'est tenu à huis clos pendant trois mois, a entendu plus de 200 témoins, dont d'anciens détenus et des experts internationaux. Les avocats de la défense, nommés d'office, ont dénoncé une procédure expéditive, mais le tribunal a estimé que les preuves étaient accablantes.
La condamnation intervient alors que la Syrie tente de se reconstruire après plus d'une décennie de guerre. Le nouveau gouvernement de transition, dirigé par le président intérimaire Ahmed al-Sharaa, a fait de la justice transitionnelle une priorité. Cependant, des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont appelé à un processus plus transparent et conforme aux standards internationaux.
Réactions internationales
La Russie, alliée historique de Bachar al-Assad, a qualifié ce jugement de « politiquement motivé » et a réaffirmé son refus d'extrader l'ancien président. Les États-Unis et l'Union européenne ont salué une « avancée vers la responsabilité », tout en soulignant la nécessité d'un procès équitable.
Pour les Syriens, cette décision est un soulagement mêlé de scepticisme. « C'est une victoire morale, mais nous savons que la justice réelle est encore loin », confie Omar, un habitant de Damas. Selon un récent sondage, 78 % des Syriens soutiennent la peine de mort pour l'ancien dictateur.
Vers une nouvelle ère judiciaire
Cette condamnation ouvre la voie à d'autres procès contre les hauts responsables de l'ancien régime. Le tribunal a déjà annoncé l'ouverture de nouvelles enquêtes contre 24 anciens ministres et chefs militaires. La Syrie espère ainsi tourner la page de son passé sombre, mais les défis restent immenses, notamment la réconciliation nationale et la reconstruction d'institutions crédibles.



