Depuis le 25 juillet, le code de la route français s’enrichit d’un nouveau panneau signalant le passage de lynx. Il sera installé en bord de route à partir d’octobre, pour une durée de trois ans, dans le secteur du Parc naturel régional (PNR) du Haut-Jura. Cette initiative vise à réduire le nombre de collisions impliquant le lynx boréal, dont la population française est estimée entre 150 et 200 individus.
Un panneau officiel après des années d’attente
Le panneau « attention lynx » prend la suite d’un panneau non officiel installé aux entrées et sorties d’une soixantaine de communes du Jura et du Doubs, selon 20 Minutes. Ces communes s’étaient procuré ce panneau auprès du centre Athénas, structure d’accueil et de sauvetage de lynx, faute d’équivalent officiel. Environ 200 panneaux ont été financés et distribués.
Gilles Moyne, directeur du centre Athénas, se réjouit de cette avancée. Il voit dans cette mise en place la possibilité de réduire « le nombre de collisions impliquant le lynx ». Il précise : « La mortalité induite par la circulation est énorme, c’est 20 à 25 lynx par an ». L’expert se battait depuis une vingtaine d’années pour qu’une véritable solution routière soit trouvée.
Trois modalités d’implantation et une phase de test
Le panneau sera implanté selon trois modalités définies par le Journal officiel électronique. Cette initiative, portée par le PNR du Haut-Jura et le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), est provisoire et localisée. Une phase de test est prévue sur trois ans sur des portions de routes nationales RN et RN57 situées dans le secteur du PNR.
Selon le WWF, la population de lynx boréal en France avoisine les 200 individus, ce qui en fait une espèce particulièrement vulnérable. D’après le ministère de l’Intérieur, 80 % de cette population se trouve dans le massif du Jura.
Un impact attendu sur la mortalité routière
La mise en place de ce panneau officiel répond à un enjeu majeur de conservation. Chaque année, 20 à 25 lynx sont tués sur les routes françaises, une mortalité qualifiée d’« énorme » par Gilles Moyne. La signalisation devrait permettre aux conducteurs de ralentir et d’être plus vigilants dans les zones à risque.
Cette mesure, bien que limitée dans le temps et l’espace, constitue une première étape. À l’issue de la phase de test de trois ans, les autorités pourront évaluer son efficacité et envisager une généralisation à d’autres régions où le lynx est présent.



