Après une séparation, elle retourne chaque été dans le même lieu de vacances
Séparation : elle retourne chaque été au même endroit

En 2017, Muriel et son compagnon Xavier annoncent leur séparation à leurs enfants de 7 et 3 ans et à leurs amis en vacances en Vendée. Dix ans plus tard, Muriel, juriste parisienne de 53 ans, confie à 20 Minutes : « Nous nous sommes quittés en bons termes, il n'y a pas eu de clash. C'était la fin de cette relation sous cette forme-là, on était tous les deux d'accord pour arrêter. Depuis, on coopère, on reste dans le dialogue pour les enfants. »

Une séparation douloureuse malgré l'accord mutuel

Les mois qui suivent ne sont pas faciles. « C'était libératoire, je me sentais plus légère, parce que si on s'est séparés, c'est que ça n'allait plus entre nous, confie Muriel. Mais, je ressentais un gros poids de tristesse, car c'est quand même l'échec d'une relation et que ce n'est pas juste pour les enfants. » Elle trouve du réconfort auprès de ses amis, ses « rocs », qui incarnent la « stabilité » et la « sécurité » dont elle a besoin.

Le retour en Vendée comme thérapie

L'été suivant, Muriel décide de repartir en Vendée, réservant la même location que l'année précédente. « J'aurais pu me dire "Je suis libre, je pars à l'aventure, en road trip, avec les enfants, deux tentes dans le coffre…" Mais j'étais incapable de faire ça. J'avais besoin de retrouver mes repères et de permettre aux enfants, qui étaient encore petits, d'avoir les leurs. » Elle rejoint Élise, son amie de fac, et un groupe d'une quinzaine de personnes, majoritairement célibataires, avec leurs enfants. « Ce petit côté tribu a été crucial pour moi à ce moment-là », précise-t-elle.

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Un lieu sans douleur, malgré les souvenirs

Sur place, les gens connaissaient tous Xavier et lui demandaient de ses nouvelles. Mais cela ne ravive pas la peine. Certains amis, dont Élise, sont restés en contact avec l'ancien compagnon, sans que cela crée de ruptures amicales. Muriel explique : « J'avais vraiment besoin de retrouver ce même lieu, dans ces circonstances différentes. Quelque part, je l'ai encore plus apprécié que précédemment. Il n'y avait pas de côté douloureux parce que le dernier été que j'y avais passé avec Xavier était celui de la séparation. Là, mon objectif était de construire ma vie d'après. Durant ces vacances 2018, j'étais en mode cocon. C'était un peu le vertige de le retrouver seule et de ne pas savoir gérer, donc, j'y ai trouvé du réconfort. »

Refaire sa vie après 40 ans

À l'époque, Muriel, dans la petite quarantaine, redoutait l'avenir : « J'éprouvais une forme de déception. C'était aussi un peu effrayant parce que la configuration était nouvelle et, même si j'ai toujours été indépendante financièrement, je redoutais de me retrouver dans une situation compliquée avec les enfants. Il y avait aussi le fait de me dire que désormais j'étais seule. Est-ce que je referais ma vie ? À 40 ans passés, avec deux enfants… J'étais persuadée que c'était fini, que je ne rencontrerais plus personne. » L'été 2018 n'est pas celui de la recherche d'un nouvel amour : « Je n'étais pas dans cet état d'esprit, j'étais focalisée sur mes enfants. » Depuis, elle a eu deux histoires, dont une de trois ans. « Après cette rupture-là, ça n'a pas été facile, parce que, pour le coup, elle ne s'est pas bien passée. Aujourd'hui, je trouve beaucoup plus de sérénité à être et rester seule. » Sa relation avec Xavier est désormais « cordiale », centrée sur leurs rôles de parents : « On communique en bonne intelligence, donc, ça se passe plutôt bien. Même si, parfois, il y a des petits points d'accrochage quand on n'est pas d'accord sur le partage des jours, par exemple. »

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Un rituel estival qui apaise

Muriel retourne chaque été dans ce même lieu en Vendée. « J'y retrouve les mêmes personnes, c'est devenu une sorte de rituel. Je n'y reste pas forcément aussi longtemps que les autres, mais j'essaie d'y passer au minimum une semaine. C'est un lieu que je me suis approprié. Les enfants grandissent, donc je me fais des programmes pour moi toute seule. Je vais courir dès le matin, je me lance dans des activités que je n'avais jamais essayées… » Avant l'entretien, elle a regardé les photos de son été 2018 : « On avait tous l'air souriant et pas trop traumatisés. Ça m'a fait plaisir de les regarder. » Elle assure que l'entretien n'a pas réveillé de mauvais souvenirs et raccroche pour poursuivre ses vacances en Vendée.