Chilavert, idole du Paraguay, vire à l'extrême droite avant le Mondial 2026
Chilavert, idole du Paraguay, bascule à l'extrême droite

José Luis Chilavert, ancien gardien de but emblématique du Paraguay, connu pour ses coups francs et son caractère flamboyant, a rejoint un parti d'extrême droite dans son pays. Cette annonce, faite à quelques mois de la Coupe du monde 2026, a provoqué une onde de choc dans le monde du football et au-delà.

Un parcours politique radical

Chilavert, 60 ans, a officiellement adhéré au Parti Colorado, formation de droite conservatrice, mais plus précisément à sa frange la plus radicale, le Mouvement d'Action Républicaine (MAR), dirigé par l'ex-président Horacio Cartes. Le MAR est souvent qualifié d'extrême droite par les observateurs politiques en raison de ses positions ultranationalistes et de son rejet des droits LGBTQ+.

L'ancien joueur, qui a défendu les couleurs du Paraguay lors de trois Coupes du monde (1998, 2002, 2006), a justifié son engagement par son désir de "lutter contre la corruption et l'insécurité". Il a déclaré à la presse locale : "Le Paraguay a besoin d'un leadership fort, pas de politiciens qui ne pensent qu'à leur propre intérêt."

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Réactions contrastées

Cette décision a divisé les Paraguayens. Beaucoup de fans de football, qui l'adoraient pour ses exploits sportifs, expriment leur déception. Sur les réseaux sociaux, des hashtags comme #ChilavertNoTeQueremos (Chilavert nous ne t'aimons pas) sont apparus. En revanche, certains sympathisants de droite saluent son courage.

L'ancien international a également été critiqué pour ses propos passés, notamment des remarques homophobes et xénophobes. En 2018, il avait qualifié les migrants vénézuéliens de "fléau" et s'était opposé au mariage homosexuel, des positions qui correspondent à la ligne du MAR.

Un héritage sportif terni ?

Chilavert reste une icône du football sud-américain. Seul gardien à avoir marqué un but sur coup franc direct en Coupe du monde (contre la Slovénie en 2002), il a été élu meilleur gardien du monde à trois reprises par la Fédération internationale de football (FIFA). Son palmarès inclut des titres avec Vélez Sarsfield (Argentine) et le Paraguay.

Cependant, son virage politique pourrait nuire à sa réputation. "C'est triste de voir une légende du sport s'associer à des idées aussi rétrogrades", a commenté un ancien coéquipier sous couvert d'anonymat. La fédération paraguayenne de football n'a pas officiellement réagi.

Impact sur l'image du Paraguay avant le Mondial

À l'approche de la Coupe du monde 2026, que le Paraguay co-organisera avec l'Argentine et l'Uruguay, cette polémique pourrait affecter l'image du pays. Les organisateurs espèrent montrer un visage moderne et inclusif, mais l'engagement de Chilavert rappelle les tensions politiques internes.

Le Paraguay connaît une montée de l'extrême droite depuis plusieurs années, avec des discours anti-immigration et conservateurs. Le MAR a gagné en influence, notamment auprès des jeunes urbains. Selon un sondage récent, 15 % des Paraguayens soutiennent ce parti, un chiffre en hausse.

Chilavert, qui n'a jamais caché ses opinions conservatrices, pourrait bien devenir une figure de proue de cette mouvance. Il a déjà annoncé son intention de se présenter aux élections législatives de 2028. "Le peuple a besoin de vrais représentants, pas de marionnettes", a-t-il affirmé lors d'un meeting.

Le monde du football retiendra peut-être ses exploits, mais son héritage est désormais entaché par une dérive politique qui divise profondément son pays.

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