Donald Trump déclenche le blocus américain sur le détroit d'Ormuz
La menace a été mise à exécution. Ce lundi 13 avril, peu après 16 heures, Donald Trump a annoncé le début du blocus américain sur le détroit d'Ormuz. Sur son réseau Truth Social, le président a menacé « d'éliminer » les navires iraniens qui « s'approchent ne serait-ce qu'un peu de (leur) blocus ». Et cela, « à l'aide du même système d'élimination que celui que nous utilisons contre les trafiquants de drogue en mer. C'est rapide et brutal. »
Cette décision fait entrer le conflit avec l'Iran dans une nouvelle ère. Elle induit des moyens militaires précis et des enjeux de droit international complexes, comme l'explique Rachid Chaker, docteur en sciences politiques de l'université Paris Panthéon-Assas et enseignant-chercheur en droit et relations internationales à l'École navale.
La notion de blocus maritime et ses implications
Que recoupe la notion de blocus maritime dans le cas présent ? Concrètement, cela signifie qu'il y a un positionnement de flotte, de navires de guerre et de sous-marins, à proximité du détroit d'Ormuz, ou même à l'intérieur. L'idée est de filtrer les navires, pour n'autoriser le passage qu'à ceux qui ne sont pas à destination ou en provenance d'Iran.
Les capacités opérationnelles américaines
Quelles sont les capacités opérationnelles requises pour imposer un blocus dans cette zone ? Les Américains disposent d'au moins trois leviers :
- La flotte de surface : les navires, frégates et croiseurs qui peuvent constituer un obstacle physique.
- Les sous-marins : capables d'intervenir pour neutraliser ou couler tout navire non autorisé forçant le passage.
- Le support aérien : possibilité de bombarder les navires par voie aérienne.
Sachant qu'une fois le blocus établi, aucun navire ne tentera probablement de forcer le passage. Pour les Américains, ce blocus nécessite une capacité opérationnelle énorme, notamment pour identifier les navires iraniens, mais cela reste réalisable grâce à la surveillance maritime.
Les motivations de Donald Trump
Pourquoi Donald Trump a-t-il fait le choix d'imposer ce blocus maritime ? Plusieurs hypothèses sont avancées :
- Une volonté de réaction face à l'échec des négociations avec l'Iran.
- La possibilité d'empêcher la Chine de réapprovisionner l'Iran en matériel militaire, notamment en systèmes de défense antiaériens.
Les particularités du détroit d'Ormuz
Le détroit d'Ormuz présente des particularités stratégiques. Du point de vue américain, sa taille réduite facilite le contrôle. Pour les Iraniens, cela en fait une cible plus facile si des navires américains y transitent, car l'espace est étroit. Des doutes subsistent sur un éventuel minage du détroit par Téhéran, ce qui nécessiterait une étape de déminage préalable par les États-Unis.
Les aspects juridiques et politiques
Du point de vue du droit international, le blocus américain est autorisé dans le cadre d'un conflit armé, tant qu'il ne concerne que les navires iraniens ou à destination de l'Iran. Cependant, dès son démarrage, il sera considéré comme un acte de guerre, marquant une reprise des hostilités.
Les alliés du Golfe, comme les Émirats arabes unis, pourraient participer, mais auraient intérêt à laisser les États-Unis agir seuls pour ne pas exposer leurs propres navires.
Les limites de la stratégie américaine
À quelles limites peut se heurter la stratégie des États-Unis ? Plusieurs scénarios sont possibles :
- Des navires, notamment chinois, pourraient tenter de forcer le blocus.
- Les options américaines incluent l'arraisonnement, la demande de déviation de trajectoire, ou en dernier recours, le coulage du navire.
Couler un navire civil, même en violation du blocus, n'a pas le même impact politique que de couler un navire de guerre, ce qui ajoute une dimension politique cruciale.
Le détroit d'Ormuz : nouvel épicentre du conflit
Le détroit d'Ormuz est aujourd'hui devenu le point central de l'opposition entre l'Iran et les États-Unis. Autrefois centrée sur le territoire iranien, la conflictualité s'est déplacée vers cette zone maritime stratégique. On peut craindre un embrasement encore plus fort, avec un détroit complètement bloqué et des attaques iraniennes contre les infrastructures pétrolières dans le Golfe.



