Un collectif féministe lyonnais a fait parler de lui en s'attaquant à des symboles jugés patriarcaux lors de fêtes organisées dans la région. Selon une information révélée par Libération, le groupe a revendiqué avoir fait exploser un vinyle de Patrick Bruel et diffusé un morceau intitulé « Male Tears » (larmes d'homme) lors de plusieurs événements festifs, afin de dénoncer le patriarcat et la culture du viol.
Des actions symboliques lors de fêtes lyonnaises
Les faits se sont déroulés en marge de fêtes privées et publiques organisées à Lyon et dans sa métropole. Le collectif, dont le nom n'a pas été divulgué, a expliqué avoir ciblé des lieux où la musique de Patrick Bruel, souvent associée à une certaine nostalgie et à des valeurs jugées conservatrices, était diffusée. « Nous avons fait sauter un vinyle de Bruel pour envoyer un message clair : la musique qui véhicule une culture du viol n'a pas sa place dans nos fêtes », a déclaré une porte-parole du collectif, sous couvert d'anonymat.
Le groupe a également diffusé « Male Tears », une chanson féministe qui se moque des larmes viriles, comme un contre-pied musical. Ces actions s'inscrivent dans un mouvement plus large de contestation des violences sexistes et sexuelles dans les espaces festifs.
Une méthode qui divise
Si certaines associations féministes saluent la prise de parole, d'autres s'interrogent sur la méthode. « Détruire des objets ou interrompre des fêtes peut être contre-productif », estime une militante lyonnaise, qui préfère l'action de sensibilisation. Le collectif, lui, assume : « Nous voulons créer un choc, briser le silence et faire réagir. Les larmes des hommes ne nous font plus peur. »
Les organisateurs des fêtes concernées n'ont pas souhaité porter plainte, mais certains ont exprimé leur incompréhension. « C'était une fête de quartier, pas un meeting politique », a confié un bénévole à Libération.
Un contexte de mobilisation féministe accrue
Cette action intervient dans un contexte où les collectifs féministes multiplient les actions coup de poing en France. Selon une enquête récente, 86 % des femmes déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement dans l'espace public. À Lyon, plusieurs collectifs ont vu le jour ces dernières années pour lutter contre les violences sexistes dans les soirées, notamment avec des formations pour les barmen et des campagnes d'affichage.
Le choix de Patrick Bruel n'est pas anodin : le chanteur a été visé par des accusations de violences conjugales en 2021, qu'il a toujours contestées. Pour le collectif, sa musique symbolise une certaine culture de l'impunité. « Nous ne disons pas que tous les fans de Bruel sont des agresseurs, mais sa musique a bercé des générations dans une complaisance coupable », ajoute la porte-parole.
Une enquête ouverte ?
La police lyonnaise a indiqué qu'aucune plainte n'avait été déposée à ce stade. Les actions du collectif pourraient toutefois être qualifiées de dégradations légères. Contactée, la mairie de Lyon n'a pas commenté, mais a rappelé son engagement pour des espaces festifs sûrs.
Le collectif, lui, promet de nouvelles actions : « Ce n'est que le début. Nous allons continuer à perturber les événements qui ne prennent pas en compte la sécurité des femmes. »



