Afghanistan : 500 civils tués dans des affrontements avec le Pakistan
Afghanistan : 500 civils tués dans des affrontements avec le Pakistan

Près de 500 civils afghans ont été tués au cours des dix derniers mois dans des affrontements armés le long de la frontière avec le Pakistan, a rapporté mercredi 5 août la mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA). Ce bilan, qui s'étend d'octobre 2025 à juillet 2026, marque une escalade significative des tensions entre Kaboul et Islamabad.

Des affrontements meurtriers à la frontière

Selon le rapport de la MANUA, ces violences ont également fait plus de 700 blessés parmi les civils. Les affrontements, souvent déclenchés par des tirs d'artillerie et des raids transfrontaliers, se concentrent principalement dans les provinces de Khost, Paktia et Paktika, où la frontière, connue sous le nom de ligne Durand, est poreuse et contestée.

Les talibans, qui contrôlent l'Afghanistan depuis 2021, accusent le Pakistan de mener des frappes aériennes sur leur territoire, visant des cibles supposées du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe insurgé allié aux talibans afghans mais hostile à Islamabad. En retour, le Pakistan affirme que des groupes armés utilisent le sol afghan pour lancer des attaques contre ses forces de sécurité.

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Des conséquences humanitaires désastreuses

Ces affrontements ont provoqué le déplacement de milliers de familles, qui vivent dans des conditions précaires, sans accès adéquat à la nourriture, à l'eau potable et aux soins de santé. Les organisations humanitaires, déjà sous-financées, peinent à répondre aux besoins croissants.

« Nous assistons à une crise silencieuse qui s'aggrave de jour en jour », a déclaré un porte-parole de la MANUA, cité dans le rapport. « Les civils paient le prix le plus lourd d'un conflit qui ne semble pas avoir de fin. »

Des tensions diplomatiques croissantes

Sur le plan diplomatique, les relations entre les deux voisins sont au plus bas. Kaboul a convoqué à plusieurs reprises l'ambassadeur pakistanais pour protester contre les violations de son espace aérien, tandis qu'Islamabad a fermé temporairement des postes-frontières, perturbant le commerce et les déplacements.

La communauté internationale, préoccupée par la déstabilisation régionale, appelle à une désescalade. L'ONU a proposé une médiation, mais les talibans ont jusqu'à présent rejeté toute ingérence extérieure, tandis que le Pakistan insiste sur une solution bilatérale.

Un impact régional plus large

Cette escalade intervient dans un contexte régional déjà tendu, marqué par la montée du terrorisme et les rivalités géopolitiques. Les experts craignent que ces affrontements ne déstabilisent davantage une région déjà fragile, avec des répercussions possibles sur la sécurité en Asie centrale et au-delà.

Alors que les talibans revendiquent leur volonté de maintenir des relations de bon voisinage, les faits sur le terrain contredisent ces déclarations. La communauté internationale, qui n'a toujours pas reconnu le gouvernement taliban, reste en retrait, mais la pression monte pour une action urgente.

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