Accord Iran-Oman sur Ormuz : une nouvelle voie de navigation
Accord Iran-Oman sur Ormuz : nouvelle voie de navigation

L'Iran et Oman ont annoncé ce mercredi 5 août être parvenus à un accord sur les coordonnées géographiques d'une nouvelle voie de navigation traversant le détroit d'Ormuz. Selon Téhéran, une déclaration conjointe est en cours de finalisation, à condition qu'aucune « tierce partie » ne vienne entraver le processus. Cette annonce intervient alors que les discussions sur l'avenir de ce passage stratégique évoluent presque quotidiennement, comme le résume CNN.

Un projet de redessinage des voies de circulation

Le projet, détaillé notamment par le Wall Street Journal, prévoit de redessiner les voies de circulation dans le détroit d'Ormuz. Les deux parties se seraient entendues sur la création d'une voie d'entrée située à proximité des côtes iraniennes et d'une voie de sortie longeant Oman. Plus largement, les discussions portent sur la fusion des itinéraires actuels en un corridor bidirectionnel, destiné à répondre aux intérêts des deux États riverains. Les principaux éléments de ce projet auraient déjà été transmis aux États-Unis, aux pays de la région ainsi qu'aux plus hautes autorités iraniennes, dont l'approbation reste attendue.

Un enjeu politique majeur pour Téhéran

Au-delà du tracé, l'enjeu est éminemment politique. Selon plusieurs sources citées par Reuters et le Wall Street Journal, le texte accorderait à Téhéran un droit de regard sur les navires entrant dans le golfe Persique, sans toutefois lui permettre de prélever des péages ou des frais de service. Les négociations devraient « mettre en place des dispositions impliquant l'Iran, car la sécurité, le déminage et les services maritimes sont assurés par l'Iran », a déclaré Saeed Ajorlu, membre du comité de négociation iranien, cité par CNN. Ce dernier évoque ainsi un dispositif transitoire, d'une durée d'un à trois mois, dans lequel Téhéran exercerait un rôle « prédominant ».

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La supervision de la route maritime, une « ligne rouge » iranienne

Les responsables iraniens insistent également sur un point : le régime juridique du détroit ne reviendrait pas à celui qui prévalait avant la guerre, lorsque aucun État n'exerçait de contrôle sur la navigation. Pour Téhéran, la supervision de cette route maritime est devenue une « ligne rouge », au même titre que le droit à l'enrichissement nucléaire. C'est précisément ce qui suscite les plus fortes réserves à Washington comme dans les capitales du Golfe.

Les réserves des États-Unis et des monarchies du Golfe

Les États-Unis refusent qu'un précédent soit créé en matière de contrôle d'une voie maritime internationale. Le secrétaire d'État Marco Rubio a rappelé à plusieurs reprises qu'autoriser un État à superviser un passage stratégique contreviendrait au droit international et ouvrirait la voie à des précédents dangereux ailleurs dans le monde. De leur côté, les monarchies du Golfe redoutent qu'un accord présenté comme provisoire ne permette à l'Iran d'installer durablement son influence sur le détroit et de disposer, à terme, d'un droit de veto de facto sur les exportations d'énergie.

Des voix sceptiques sur l'imminence d'un accord

Si le président américain affirme qu'un accord entre Washington et Téhéran est imminent, plusieurs sources interrogées par CNN et Reuters jugent cette perspective prématurée. Des points essentiels restent à régler, tandis que l'Iran lui-même conditionne la signature de la déclaration commune avec Oman à l'absence d'ingérences extérieures. Un haut responsable du Golfe, cité sur la chaîne américaine, estime d'ailleurs qu'il n'existe qu'une chance sur deux de parvenir à un accord dans les prochains jours. À cette incertitude s'ajoute un autre élément : la délégation engagée dans les discussions ne comprend pas de représentant du Corps des gardiens de la révolution islamique, tenants d'une ligne dure, pourtant appelé à valider le texte. Le Wall Street Journal souligne enfin qu'un accord avec Oman ne garantirait pas, à lui seul, la réouverture effective du détroit si Washington ne répondait pas à certaines exigences iraniennes, restées confidentielles.

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Un intérêt économique évident pour sortir de l'impasse

Malgré ces obstacles, les deux camps ont un intérêt économique évident à sortir de l'impasse. Une reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz favoriserait les exportations de pétrole et de gaz, réduirait les tensions sur l'économie mondiale et pourrait créer un contexte plus favorable à une reprise des discussions sur le programme nucléaire iranien.