Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a lancé un appel pressant en faveur d'une réforme de l'architecture financière internationale, lors d'un discours prononcé le 15 février 2023 à Addis-Abeba. Selon lui, le système actuel est inadapté pour faire face aux défis contemporains, notamment les crises de la dette, le changement climatique et les inégalités croissantes.
Un système obsolète et injuste
Moussa Faki a souligné que l'architecture financière internationale, héritée de l'après-guerre, ne répond plus aux besoins des pays en développement. Il a déclaré : « Nous devons repenser les institutions de Bretton Woods pour qu'elles soient plus inclusives et équitables. » Il a notamment critiqué le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale pour leur manque de représentativité des pays africains.
Selon le président de la Commission de l'UA, les mécanismes actuels de gestion de la dette sont inefficaces. Il a rappelé que 22 pays africains sont en situation de surendettement ou risquent de l'être, selon les données de la Banque mondiale. « Il est urgent de mettre en place un cadre multilatéral pour alléger la dette et permettre aux pays de se concentrer sur le développement durable », a-t-il ajouté.
Des propositions concrètes
Moussa Faki a avancé plusieurs propositions pour réformer le système financier mondial. Il préconise notamment la création d'un mécanisme de restructuration de la dette sous l'égide des Nations unies, ainsi qu'une augmentation des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI pour les pays africains. Il a également appelé à une taxation des transactions financières internationales pour financer les biens publics mondiaux.
Le dirigeant africain a insisté sur la nécessité de mobiliser des financements climatiques pour les pays vulnérables. « Les pays africains ne sont responsables que de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais ils subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique », a-t-il rappelé. Il a demandé aux pays développés de tenir leur promesse de fournir 100 milliards de dollars par an pour le climat.
Un appel à l'unité africaine
Moussa Faki a également exhorté les pays africains à parler d'une seule voix sur la scène internationale. Il a salué les progrès de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) comme un outil pour renforcer l'autonomie économique du continent. « Nous devons être unis pour peser dans les négociations internationales et défendre nos intérêts communs », a-t-il déclaré.
Cet appel intervient alors que l'Afrique fait face à des défis multiples : inflation, insécurité alimentaire et endettement croissant. Selon la Commission économique pour l'Afrique, la croissance du continent devrait ralentir à 3,8 % en 2023, contre 4,6 % en 2022. Moussa Faki a conclu en réaffirmant la nécessité d'une solidarité internationale renforcée pour bâtir un ordre financier plus juste et durable.



