Arrêtée en Russie pour des paroles jugées subversives, la jeune chanteuse de 24 ans, Ksenia, avait été condamnée à deux ans de prison. Elle a réussi à s'évader et à rejoindre un festival de musique en Europe, où elle s'est produite sous un faux nom.
Un parcours semé d'embûches
Ksenia, qui chantait contre la guerre en Ukraine et critiquait le président Vladimir Poutine, a été arrêtée en mars 2025 après un concert à Moscou. Elle a été condamnée pour "propagande extrémiste" et "discrédit des forces armées". Selon son avocat, elle risquait jusqu'à cinq ans de prison.
Après six mois de détention, elle a planifié son évasion avec l'aide de militants des droits de l'homme. Elle s'est échappée lors d'un transfert médical, profitant d'une faille de sécurité. "C'était risqué, mais je ne pouvais plus supporter la prison", a-t-elle déclaré au journal Le Monde.
La fuite vers l'Europe
Ksenia a traversé la frontière russe en cachette, aidée par un réseau de passeurs. Elle est arrivée en Lettonie, puis s'est rendue en Allemagne, où elle a demandé l'asile politique. "Les autorités allemandes ont été compréhensives", a-t-elle confié.
Elle s'est inscrite sous un pseudonyme au festival "Eurosonic" aux Pays-Bas, où elle a interprété ses chansons engagées. Le public, ignorant son histoire, l'a acclamée. "C'était surréaliste de chanter ces paroles sans être arrêtée", a-t-elle ajouté.
Un symbole de résistance
Son histoire a rapidement fait le tour des médias. Des artistes russes en exil ont salué son courage. "Elle représente la voix de la jeunesse russe qui refuse le silence", a déclaré l'activiste Elena Kostyuchenko.
Ksenia espère désormais continuer sa carrière en Europe. "Je veux que ma musique porte un message de liberté", a-t-elle conclu. Selon les estimations, plus de 200 artistes russes ont été contraints à l'exil depuis le début de la guerre en Ukraine.



