Visas pour les Algériens : Tebboune rejette l'idée d'un quota
Visas : Tebboune n'a jamais demandé de quota

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré n'avoir jamais demandé de quota de visas à la France, alors que les délivrances ont chuté de manière significative depuis 2021. Cette affirmation intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Alger et Paris.

Une baisse historique des visas accordés

En 2021, la France a réduit de près de 80 % le nombre de visas accordés aux Algériens, passant de 200 000 à environ 40 000 par an. Cette décision, prise par le gouvernement français, visait à sanctionner le manque de coopération d'Alger en matière de réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière. Depuis, les relations se sont tendues, malgré une légère reprise en 2023.

Selon le ministère français des Affaires étrangères, le nombre de visas délivrés aux Algériens en 2023 s'élevait à 60 000, un niveau encore bien en deçà de celui d'avant la crise. Les autorités algériennes ont régulièrement dénoncé cette situation, qu'elles jugent discriminatoire.

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Les propos de Tebboune à la presse nationale

Interrogé par des médias algériens, le président Tebboune a assuré : « Je n'ai jamais demandé de quota spécifique à la France. Ce sont des rumeurs infondées. Nous souhaitons simplement une relation équilibrée et respectueuse. » Ses déclarations visent à clarifier la position d'Alger, alors que certains commentateurs évoquaient une demande officielle de contingentement.

Un haut responsable du ministère algérien des Affaires étrangères, sous couvert d'anonymat, a confié que « la question des visas est récurrente dans le dialogue bilatéral, mais elle n'a jamais fait l'objet d'une demande formelle de quota. » Cette précision intervient alors que les deux pays tentent de normaliser leurs relations après plusieurs années de froid.

Un enjeu politique et humain

La délivrance des visas revêt une importance cruciale pour des milliers d'Algériens ayant des liens familiaux ou professionnels avec la France. Les restrictions ont provoqué des manifestations devant les consulats français en Algérie. « Les gens souffrent de cette situation, mais nous ne voulons pas de quotas, juste une application juste des critères », a ajouté le même responsable.

Le président Tebboune a également souligné que la priorité était de moderniser l'administration algérienne pour faciliter les démarches, plutôt que de négocier des quotas. Il a rappelé que l'Algérie avait déjà pris des mesures pour améliorer la coopération consulaire.

Vers une normalisation des relations ?

Du côté français, on se montre prudent. L'ambassade de France à Alger a indiqué que « les discussions se poursuivent de manière constructive » sans donner de chiffres précis. En mai 2024, le ministre français des Affaires étrangères a évoqué une « reprise progressive » des délivrances, sans confirmer de quota.

Pour les observateurs, cette polémique illustre les difficultés persistantes entre Alger et Paris. « Le sujet des visas est devenu un symbole de la relation asymétrique entre les deux pays », analyse un chercheur spécialiste des migrations. L'avenir dira si les déclarations de Tebboune apaiseront les tensions.

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