Le président américain Donald Trump a dévoilé, lors d'un discours à la Maison-Blanche, une nouvelle stratégie américaine pour l'Afrique, marquant un tournant dans la politique étrangère des États-Unis sur le continent. Cette initiative, intitulée « Prosper Africa », vise à contrer l'influence croissante de la Chine et à renforcer les partenariats économiques avec les pays africains.
Une stratégie centrée sur les intérêts économiques
La stratégie de l'administration Trump repose sur trois piliers : la promotion des investissements américains, le soutien au commerce bilatéral et la lutte contre le terrorisme. Selon le président, « les États-Unis sont déterminés à être un partenaire de premier plan pour l'Afrique, en favorisant la croissance économique et la sécurité ». Cette approche contraste avec celle de son prédécesseur, Barack Obama, qui avait mis l'accent sur l'aide au développement et la santé publique.
John Bolton, conseiller à la sécurité nationale, a précisé que cette nouvelle stratégie vise à « répondre aux défis posés par la Chine et la Russie, qui utilisent des pratiques prédatrices pour étendre leur influence ». Il a également souligné que « les États-Unis offrent une alternative transparente et bénéfique pour les pays africains ».
Des critiques sur les intentions réelles
Cette annonce a suscité des réactions mitigées. Certains experts estiment que cette stratégie est motivée par la rivalité avec la Chine plutôt que par un véritable intérêt pour le développement de l'Afrique. Ainsi, pour Jean-Pierre Olivier de Sardan, anthropologue spécialiste de l'Afrique, « cette approche est avant tout géopolitique, et les préoccupations des populations africaines ne sont pas au cœur des priorités américaines ».
En revanche, des responsables africains ont salué cette initiative. Le président sénégalais Macky Sall a déclaré lors d'un sommet à Washington : « Nous accueillons favorablement cette nouvelle dynamique, qui pourrait créer des opportunités pour nos économies ». Toutefois, il a insisté sur la nécessité d'un partenariat « équitable et respectueux ».
Des mesures concrètes attendues
L'administration Trump prévoit d'investir 60 milliards de dollars dans des projets d'infrastructure et de développement en Afrique, selon des sources officielles. Ce montant, bien que significatif, reste inférieur aux engagements chinois, qui ont atteint 150 milliards de dollars depuis 2000. De plus, la stratégie inclut un renforcement de la présence militaire américaine dans la région du Sahel, où les groupes djihadistes sont actifs.
Le secrétaire d'État Mike Pompeo a souligné que « les États-Unis soutiendront les pays africains dans leur lutte contre le terrorisme, en fournissant une assistance technique et des équipements ». Cette coopération militaire est déjà en place dans plusieurs pays, notamment au Niger et au Tchad.
Une mise en œuvre progressive
La mise en œuvre de cette stratégie se fera de manière progressive, avec une première phase consacrée à l'identification des projets prioritaires. Des équipes seront déployées dans les ambassades américaines en Afrique pour faciliter les partenariats commerciaux. Selon le département d'État, des accords bilatéraux seront signés avec plusieurs pays, dont le Kenya, l'Éthiopie et la Côte d'Ivoire.
Cette nouvelle orientation pourrait avoir des répercussions sur les relations entre les États-Unis et l'Afrique, mais aussi sur l'équilibre géopolitique mondial. Alors que la Chine continue d'étendre son influence, les États-Unis tentent de regagner du terrain, mais les défis restent nombreux.



