Robert Margé : « J’ai envie de voir des toreros qui tirent la quintessence de mes toros »
Robert Margé : « J’ai envie de voir des toreros qui tirent la quintessence de mes toros »

L'éleveur biterrois Robert Margé affiche des ambitions pour son élevage. Il souhaite voir des toreros qui tirent la quintessence de ses toros et envisage de lidier plus régulièrement en Espagne. Dans un entretien à Midi Libre, il dresse le bilan de la première moitié de la temporada 2026 et évoque les échéances à venir en 2027.

Un début de temporada très positif

Robert Margé se montre satisfait des résultats obtenus. « C’est un début de temporada très positif avec deux bons toros et demi sur trois à Alès », déclare-t-il. À Nîmes, son élevage a remporté les Prix "Pablo Romero" de la meilleure corrida et du meilleur toro pour la quatrième fois. La corrida d’Istres a également offert beaucoup de jeu. « Sans oublier la Feria off à Béziers où 90 % des novillos ont servi. Sur les 23 toros lidiés, aucun n’a été mauvais, ce qui démontre la qualité de notre élevage. Je suis heureux que nous confirmions cette régularité au fil des saisons », ajoute-t-il.

Les prochaines échéances

Il reste deux lots pour des arènes de première catégorie : à Béziers, puis à Dax en septembre pour « toros y salsa ». Ensuite, un toro est prévu à Saint-Gilles et à Boujan fin août.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L’indulto d’« Arlésien » et son avenir comme reproducteur

L’indulto du toro d’Istres avec une seule pique a été très commenté. Interrogé sur l’utilisation d’« Arlésien » comme reproducteur malgré son gabarit réduit, Robert Margé explique : « Génétiquement, le père de ce toro rallie les trois grandes familles de mon élevage. Il m’a donné des résultats exceptionnels depuis des années avec du galop, de la transmission et de la bravoure. Certes, Arlésien n’a pris qu’une pique mais je ne doute pas de sa bravoure. Y compris au cheval. Concernant le gabarit, on peut le compenser en le mettant sur des vaches fortes et il n’y a pas toujours de liens entre les armures et le gabarit des naissances avec l’étalon. J’ai plusieurs exemples dans l’histoire de notre élevage. »

Des changements attendus pour les cartels

Les aficionados sont souvent frustrés de l’absence des meilleurs toreros face à ses toros. Robert Margé espère une évolution : « J’espère que les choses vont évoluer et, en 2027, aucun toro ne partira des Monteilles sans que je ne valide le cartel. Certains cartels me plaisent comme à Dax ou Béziers où il existe une histoire entre Margé et Juan Leal depuis Arles. Et Olsina et Parejo vont tout donner pour leur avenir. J’ai plus de demandes que d’offre et j’ai envie de voir des toreros qui tirent la quintessence de mes toros. »

Augmentation modérée du cheptel

L’éleveur envisage d’augmenter légèrement le nombre de vaches d’une trentaine pour atteindre 220, tout en restant prudent pour conserver le niveau d’excellence. « J’en ai approuvé 30 l’an dernier et une grosse vingtaine cette année. C’est une période sensible car je vais perdre des vaches confirmées. Je développe également le nombre d’étalons pour m’ouvrir génétiquement. Je pense que notre rythme de croisière sera autour de sept ou huit corridas par an dans l’avenir », précise-t-il.

Ambitions en Espagne

Robert Margé souhaite lidier plus régulièrement en Espagne. « Je vais projeter la temporada 2027 en septembre prochain quand je saurai si j’ai un lot qui peut se produire à Séville. C’est notre priorité actuelle. Nous sommes en contact avec une arène de première catégorie comme Malaga où mon type de toro peut convenir. J’ai aussi de la demande pour Burgos ou Santander mais il faut avoir les animaux adaptés à ces arènes et mes toros ont trop de sérieux pour des cartels de figuras. Je travaille pour avoir moins de “tête” et rentrer dans ces arènes de seconde catégorie en Espagne. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La ganaderia d’Avé Maria en Andalousie

Concernant sa ganaderia andalouse, il indique : « Nous avions eu des indultos dans des petites arènes dans le passé en Espagne. Mais nous avons décidé, avec Bertrand Pagès, de recentrer la ganaderia en éliminant une trentaine de vaches qui ne nous apportaient pas totale satisfaction. Cette année, nous n’avions qu’une corrida et on ambitionne d’atteindre rapidement cinq ou six courses par an. On a connu un grand triomphe dans une arène aussi importante que Burgos au mois de juin. On a gagné le Prix de la meilleure corrida de la Feria alors que Juan Pedro Domecq a gracié un toro. C’est une grande Feria et une belle récompense de notre travail avec la famille Pagès et notre mayoral Guillaume Lautier. Je veux brinder ce premier succès important d’Avé Maria à Philippe Pagès qui m’avait proposé cette belle aventure andalouse. »