À Baillargues, un père accusé de violences maintenu en détention
Baillargues : père accusé de violences reste en détention

Le tribunal correctionnel de Montpellier a ordonné un supplément d'information et maintenu en détention provisoire un homme poursuivi pour des violences habituelles sur son épouse et leur fils de 4 ans, commises à Baillargues entre le 18 juin 2021 et le 29 mai 2026. Le prévenu, qui conteste l'ensemble des faits, a demandé sa relaxe. L'affaire a été renvoyée au 11 septembre 2026.

Des violences dénoncées par l'enfant et la mère

L'enquête a débuté après un signalement concernant l'enfant. Entendu par les enquêteurs, le garçon de 4 ans a décrit des gifles et des coups sur les fesses portés par son père. Il a également mimé une scène d'étranglement exercée sur sa mère. Pour le ministère public, ces déclarations constituent le point de départ d'un dossier qui s'est progressivement étoffé.

La mère a d'abord nié les violences lors d'une première audition le 21 avril 2026, avant de revenir sur ses déclarations après avoir quitté le domicile familial et être prise en charge par les services du Département. Hébergée en urgence, elle a affirmé avoir vécu pendant des années sous l'emprise de son compagnon. Elle a décrit des coups de poing au visage, des gifles, des cheveux arrachés, des coups de pied, des étranglements, ainsi que des insultes et des cris lorsqu'il consommait de l'alcool. Elle a également déclaré que son compagnon frappait leur fils, lui donnait des claques et lui crachait dessus, évoquant notamment un épisode le 15 février 2026 où elle aurait été frappée avec une basket. Selon son avocate, sa cliente répétait constamment : "J'ai peur qu'il me tue." Une ordonnance de protection a été prononcée en sa faveur en juin 2026.

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Le prévenu conteste les accusations

À l'audience, le prévenu a contesté l'ensemble des accusations. Concernant son fils, il a expliqué que les gestes reprochés relevaient du jeu et a estimé que l'enfant, âgé de 4 ans, ne pouvait pas relater les faits avec fiabilité. Il a également rejeté toutes les accusations formulées par son ancienne compagne.

Constituée partie civile, la mère des victimes a demandé réparation de ses préjudices, réclamant 3 000 € de dommages et intérêts pour son préjudice moral, ainsi que des sommes destinées à l'enfant.

Les réquisitions du parquet et la défense

Le ministère public a dressé le portrait d'une situation familiale particulièrement préoccupante. S'appuyant notamment sur les déclarations de l'enfant, jugées précises et cohérentes, le procureur a requis deux ans d'emprisonnement, le maintien en détention provisoire, une interdiction d'entrer en contact avec les victimes, de paraître à leur domicile ou à l'école de l'enfant pendant trois ans, ainsi qu'une interdiction du territoire français pendant dix ans.

La défense a dénoncé un dossier reposant essentiellement sur des déclarations, sans élément matériel ni témoin direct des violences. Rappelant que le couple vivait ensemble depuis treize ans, l'avocat a estimé que les preuves faisaient défaut et a plaidé la relaxe, s'interrogeant sur le maintien en détention provisoire dans un dossier qu'il a qualifié de "léger".

Le tribunal ordonne un supplément d'information

Après en avoir délibéré, le tribunal n'a pas tranché le fond de l'affaire. Les magistrats ont ordonné un supplément d'information afin de rechercher et d'entendre d'éventuels témoins susceptibles d'éclairer les faits dénoncés. Dans l'attente de ces nouvelles investigations, le prévenu est maintenu en détention provisoire. Le tribunal a estimé que cette mesure demeurait nécessaire au regard du risque de réitération des violences, des craintes exprimées par la plaignante pour sa sécurité, du risque de pression sur les victimes et les témoins, mais aussi de l'existence d'une obligation de quitter le territoire français, susceptible de favoriser un risque de fuite.

Le dossier a été renvoyé au 11 septembre 2026, date à laquelle les nouveaux éléments d'enquête devraient être examinés par le tribunal correctionnel de Montpellier.

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