Millau : tensions et rupture au sein de l'Alternative de gauche
Millau : rupture au sein de l'Alternative de gauche

L'Alternative de gauche et le groupe ATK, branche aveyronnaise du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), ont officialisé leur rupture après une campagne municipale tumultueuse à Millau. Les accusations fusent : harcèlement, trahison, méthodes sectaires. Malgré des convictions politiques communes, les désaccords sur le fonctionnement interne ont provoqué une scission locale au sein du NPA.

Une rupture actée lors d'un point presse

Le vendredi 3 juillet, les membres d'ATK ont annoncé leur séparation avec Dalila Belaïd Artis, élue municipale de Millau et figure de l'Alternative de gauche. Iñaki Aranceta, membre d'ATK, dénonce une perte de confiance : « Pour la tête de liste, nous avions proposé Dalila et elle a été désignée à l'unanimité. Mais elle a travaillé en roue libre pendant toute la campagne. C'était impossible de discuter avec elle : elle prenait toute remarque comme une agression. » Selon lui, sept colistiers auraient été écartés de la communication interne, des boucles de courriels et des prises de décision.

Autre grief : la participation de Dalila Belaïd Artis à la cérémonie militaire du 8 mai. Iñaki Aranceta estime qu'elle aurait dû privilégier une dénonciation du massacre des Algériens de Sétif. La rotation du mandat de conseiller municipal a également cristallisé les tensions : « Nous avions prévu un changement de représentant au bout de deux ans, puis chaque année, en alternant une femme et un homme. Finalement, nous découvrons que ce serait au bout de trois ans. » Les membres d'ATK ont demandé à la direction nationale du NPA l'exclusion de Dalila Belaïd Artis du parti.

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L'Alternative de gauche dénonce des méthodes sectaires

La réponse de l'Alternative de gauche ne s'est pas fait attendre. Gaëlle Brient, membre du groupe, affirme que les difficultés sont antérieures à la campagne : « Les divergences sont apparues dès la rédaction de la charte du groupe. Elles auraient pu être discutées de manière constructive, mais le climat n'était pas serein. » Le groupe accuse ATK d'avoir instauré un climat conflictuel, qualifiant son fonctionnement de « sectaire ». Des comportements « irrespectueux », « violents » et assimilables à du « harcèlement » sont évoqués.

Nicolas Bestard, membre de l'Alternative de gauche, ajoute : « Ils ne viennent pas aux réunions, nous aboient dessus et passent leur temps à commenter ce que font les autres. Ce sont trois personnes sectaires qui font perdre du temps à la gauche millavoise. » Selon le groupe, une demande de médiation nationale aurait été formulée il y a deux mois, sans succès.

Des accusations contestées

L'Alternative de gauche conteste les accusations concernant la rotation des mandats, estimant que les modalités n'ont pas encore été définitivement arrêtées. Nicolas Bestard juge la demande d'exclusion comme une « faute politique grave ». Dalila Belaïd Artis se défend sur sa participation à la cérémonie du 8 mai : « J'y suis allée avec un keffieh sur les épaules. Nous avons publié des messages sur les réseaux sociaux pour rappeler le massacre des Algériens. Il n'y avait aucune forme de soumission. Je n'ai pas à rougir d'assumer notre antimilitarisme. »

Vers un avenir séparé

Estimant la rupture inévitable, l'Alternative de gauche affirme vouloir tourner la page et poursuivre son développement dans un climat « plus serein ». Le groupe finalise ses statuts pour devenir une association, avec une présentation officielle et le lancement des adhésions prévus à la mi-septembre. Cette scission locale reflète les tensions internes au sein de la gauche radicale à Millau.

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