L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a franchi le cap des 2 000 morts, a annoncé le ministère de la Santé lundi 11 août. Ce bilan, qui fait de cette flambée la deuxième plus meurtrière de l'histoire après celle de l'Afrique de l'Ouest (2013-2016), illustre l'ampleur de la crise sanitaire qui frappe les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri depuis août 2018.
Un bilan en constante augmentation
Selon les chiffres officiels, 2 006 personnes sont décédées des suites de la maladie, sur un total de 2 992 cas confirmés ou probables. Le taux de létalité atteint ainsi environ 67 %. Les autorités sanitaires soulignent que la progression de l'épidémie, bien que ralentie ces dernières semaines, reste préoccupante, avec des foyers actifs dans des zones difficiles d'accès.
Le ministère de la Santé a également précisé que 1 885 patients avaient été guéris, tandis que 101 autres étaient encore hospitalisés dans des centres de traitement. Ces derniers jours, de nouveaux cas ont été détectés dans la région de Beni, où les équipes médicales font face à des attaques répétées de groupes armés.
Une réponse entravée par l'insécurité
La lutte contre l'épidémie est entravée par l'insécurité chronique qui règne dans l'est de la RDC. Les professionnels de santé, souvent accompagnés de militaires, ne peuvent accéder à certaines zones que sous escorte. En outre, la défiance d'une partie de la population envers les soignants et les vaccins complique la tâche des équipes déployées sur le terrain.
Le docteur Oly Ilunga Kalenga, ancien ministre de la Santé, a déclaré : « Tant que la sécurité ne sera pas assurée, il sera difficile de contrôler l'épidémie. » Ces propos reflètent le sentiment d'un personnel médical épuisé, qui doit à la fois soigner les malades et se protéger des violences.
Des efforts internationaux insuffisants
Malgré l'arrivée d'un vaccin expérimental et la mobilisation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la riposte reste sous-financée. Les besoins estimés à 430 millions de dollars ne sont couverts qu'à 60 %, selon l'ONU. Cette situation limite les opérations de surveillance, de traçage des contacts et de sensibilisation des communautés.
Le gouvernement congolais et ses partenaires tentent d'intensifier la vaccination, notamment dans les zones frontalières avec l'Ouganda et le Rwanda, où le risque de propagation est élevé. Cependant, la méfiance et les rumeurs persistent, alimentées par des années de conflit et de mauvaise gouvernance.
Alors que l'épidémie s'étend, la coordination internationale apparaît cruciale. Les autorités sanitaires appellent à une solidarité accrue pour éviter que la crise ne devienne incontrôlable. Le prochain défi sera de maintenir la vigilance alors que la saison des pluies approche, rendant les déplacements encore plus difficiles dans les zones rurales.



