Depuis plusieurs semaines, le sud de la Libye est le théâtre d’une insurrection armée qui fragilise l’emprise du maréchal Khalifa Haftar et de son clan sur cette région stratégique. Selon des sources locales et des analystes, des combattants issus des tribus touareg et toubou, soutenus par des groupes armés locaux, ont lancé une série d’attaques contre les positions des forces loyales à Haftar, notamment dans les oasis de Sabha, Murzouk et Ghat.
Une contestation qui gagne du terrain
Le mouvement, qui se fait appeler « Front de libération du Sahara libyen », revendique une meilleure répartition des richesses pétrolières et gazières, ainsi que la fin de la marginalisation des populations du Sud. « Les tribus du Sud sont fatiguées d’être exploitées par le clan Haftar, qui contrôle les ressources sans partage », a déclaré un porte-parole du Front, joint par téléphone. Selon lui, les rebelles ont déjà pris le contrôle de plusieurs villages et de deux bases militaires, forçant les forces de Haftar à se replier vers le nord.
L’impact sur l’équilibre régional
Cette rébellion intervient dans un contexte déjà tendu, alors que Haftar, qui contrôle l’est et le sud de la Libye, fait face à des divisions internes au sein de son propre camp. « La perte du Sud serait un coup dur pour Haftar, car cette région est cruciale pour le contrôle des routes de contrebande et des ressources énergétiques », explique un analyste libyen basé à Tripoli. Les affrontements ont déjà fait au moins 45 morts et plus de 120 blessés, selon un bilan provisoire établi par des sources médicales locales.
Les réactions internationales
La communauté internationale, notamment les Nations unies et l’Union africaine, a appelé au calme et à un dialogue inclusif. « Il est impératif d’éviter une escalade qui pourrait déstabiliser davantage la région du Sahel », a déclaré un porte-parole de l’ONU. Cependant, aucun médiateur n’a pour l’instant réussi à engager des pourparlers entre les parties. Le gouvernement d’unité nationale, basé à Tripoli, a condamné les violences tout en restant discret sur son soutien éventuel aux rebelles.
Des conséquences humanitaires préoccupantes
Les combats ont provoqué le déplacement d’environ 3 000 personnes, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Les habitants des zones touchées manquent d’eau, de nourriture et de soins médicaux. « La situation humanitaire se détériore rapidement, et nous avons besoin d’un accès immédiat pour acheminer l’aide », a alerté une porte-parole du HCR à Genève.
Pour l’instant, le maréchal Haftar n’a pas réagi publiquement à cette rébellion, mais ses partisans affirment que des renforts sont en route pour reprendre le contrôle des zones perdues. L’issue de ce conflit local pourrait redessiner la carte du pouvoir en Libye, déjà fragmentée depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.



