Mondial 2026 : tensions, prix exorbitants et défis sécuritaires à un mois du coup d'envoi
Mondial 2026 : tensions, prix et sécurité à un mois du coup d'envoi

À un mois du coup d'envoi de la compétition, l'organisation du tournoi fait face à de multiples tensions liées à la participation de l'Iran, à l'inflation des tarifs et aux enjeux de sécurité. Ce Mondial 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Mexique et au Canada, a déjà connu son lot de polémiques.

Casse-tête diplomatique avec l'Iran

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février, le président de la Fifa Gianni Infantino assure que les Iraniens disputeront bien leurs trois matches de groupe aux États-Unis, bien que les intéressés aient demandé leur délocalisation au Mexique. Donald Trump, après avoir estimé que la sélection iranienne ne devrait pas venir « pour sa sécurité », s'est finalement dit « OK ». Toutefois, certains membres de la délégation ne devraient pas être du voyage en raison de leurs liens avec les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran classée comme groupe terroriste par Washington. La Fédération iranienne a demandé que les pays hôtes acceptent ses conditions sur la protection de la délégation et l'assurance d'obtenir des visas.

Billets hors de prix

Des places pour le match d'ouverture à 875 dollars (750 euros), un billet pour la finale à 11 000 dollars (9 400 euros), d'autres proposés à la revente pour plus de 2 millions : ces prix astronomiques ont provoqué l'ire des supporters qui ont porté plainte contre la Fifa. Donald Trump a lui-même commenté la situation en assurant qu'il ne « paierait pas » 1 000 dollars, même pour voir jouer les États-Unis. Gianni Infantino a défendu cette tarification, qui reflète selon lui le prix du « marché ». Aux États-Unis et au Canada, le prix d'une place varie en fonction de la demande et de l'affiche du match. La Fifa assure également qu'elle n'intervient pas sur la plateforme officielle de revente, où le revendeur « détermine le prix » de son billet.

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Transports inaccessibles

Certains fans devront aussi débourser une petite fortune pour assister aux matches. Pour ceux séjournant à New York, l'aller-retour en train vers le stade dans le New Jersey, qui accueillera notamment la finale le 19 juillet, coûtera 105 dollars (90 euros) contre 12,90 euros en temps normal. À Boston, un aller-retour vers le stade de Foxborough, à 25 kilomètres, coûte 80 dollars, soit dix fois plus que d'habitude. D'autres villes n'augmenteront pas le prix des transports publics. À Philadelphie, le trajet reste à 2,90 dollars mais le stade est proche du centre-ville. Les hôteliers ont aussi misé sur le Mondial, mais les prix des nuitées ont explosé après le tirage au sort en décembre, faisant chuter le nombre de réservations qui sont même désormais inférieures aux prévisions initiales, selon la principale organisation du secteur.

Le défi sécuritaire

Avec plusieurs dizaines de millions de touristes attendus cet été dans les pays co-organisateurs, la sécurité est l'une des priorités des autorités. Au Mexique, près de 100 000 membres des forces de l'ordre seront déployés pour garantir la sécurité des matches, notamment à Guadalajara, théâtre d'une flambée de violences ayant suivi la mort d'un des barons de la drogue en mars. Aux États-Unis, les organisations de défense des droits humains s'alarment des possibles opérations de l'ICE, la police de l'immigration, qui pourraient viser les clandestins et les supporters étrangers. Les fans devront aussi être à jour de leur vaccin contre la rougeole, une maladie hautement contagieuse et mortelle, qui s'est intensifiée sur le continent américain depuis 2025.

Trop chaud pour jouer ?

Les températures caniculaires et l'humidité attendues dans certaines régions des États-Unis font craindre pour la santé des joueurs, des arbitres et des spectateurs. La Fifa a imposé des pauses fraîcheurs pendant les rencontres, quelques stades sont climatisés et dans certaines zones à risque, les matches auront lieu en début de soirée. Mais dans d'autres, comme à Boston, ils sont programmés à midi ou dans l'après-midi pour satisfaire les téléspectateurs européens. Les orages, nombreux en été sur la côte Est, sont une autre source d'inquiétude. La législation américaine oblige d'interrompre les matches en cas d'alerte orageuse dans un périmètre proche des stades.

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La question des visas

Pour entrer aux États-Unis, il faudra un visa de tourisme ou une autorisation d'entrée électronique (Esta), une procédure simple et généralement rapide qui concerne 42 pays. Pour les pays nécessitant un visa, un « pass Fifa » a été créé pour faciliter les rendez-vous à l'ambassade américaine, sans garantie d'obtenir le sésame. Selon le département d'État, plus de 14 000 personnes ont utilisé cette option et 55 millions d'étrangers disposent déjà d'un visa de tourisme valide. Mais pour les supporters haïtiens, le voyage sera presque mission impossible. Washington a suspendu la délivrance de visas, même de tourisme, depuis Haïti en juin 2025.