Le Parlement algérien a élu mardi soir Khalida Boufedeche à sa présidence, une première pour une femme dans l’histoire du pays. Médecin allergologue et députée d’Alger, elle devient ainsi le quatrième personnage de l’État. Son élection intervient dans un contexte de participation historiquement basse et de recul de la représentation féminine.
Une élection marquée par une faible participation
Khalida Boufedeche, membre du Front de libération nationale (FLN), parti historique de l’indépendance et proche du pouvoir, a été élue avec 91 sièges sur 407, le FLN arrivant en tête des dernières législatives. Le scrutin du 12 juin 2021 a enregistré un taux de participation de seulement 21,24 %, le plus bas jamais observé en Algérie. Trois candidats briguait la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN) : Boufedeche, un député du Mouvement de la société pour la paix (MSP, 43 sièges) et un autre du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).
Un parcours politique dans les rangs du FLN
Avant d’accéder au perchoir, Khalida Boufedeche a été élue dans sa commune de Bordj El Bahri puis à l’assemblée de la wilaya d’Alger. Elle siège également au comité central du FLN. Son élection à la tête de l’APN intervient alors que la composition de l’Assemblée reflète une sous-représentation des femmes : seules 25 femmes ont été élues, soit 6,14 % des sièges, alors qu’elles représentent 49 % de la population algérienne.
Un recul de la représentation féminine
Ce chiffre marque une baisse significative par rapport aux législatures précédentes. En 2021, 38 femmes siégeaient à l’APN, et en 2017, elles étaient 118, à la faveur d’un système de quotas. « La chute du nombre de femmes députées est préoccupante, même si l’élection d’une femme à la présidence est un symbole fort », analyse un observateur de la vie politique algérienne. Les partis proches du pouvoir dominent l’hémicycle : le Rassemblement national démocratique (RND) obtient 74 sièges, et le Front El Moustakbal 56.
Un symbole qui ne masque pas les inégalités
Bien que l’élection de Khalida Boufedeche représente une avancée symbolique, elle ne suffit pas à compenser la sous-représentation persistante des femmes dans les institutions algériennes. Selon les données de l’Union interparlementaire, l’Algérie se classe loin derrière de nombreux pays en matière de parité au Parlement. Cette situation n’est pas isolée : dans le monde, la moyenne de femmes parlementaires stagne autour de 26 %, et seule une poignée de pays atteint la parité.



