Guinée : Abdoul Sacko, rescapé de la répression
Guinée : Abdoul Sacko, rescapé de la répression

Abdoul Sacko, 25 ans, est un survivant. Le 28 septembre 2009, il participait à un rassemblement de l'opposition au stade de Conakry lorsque l'armée a ouvert le feu. Il a été grièvement blessé, mais il a eu de la chance : il est en vie. Dans un témoignage poignant, il raconte son calvaire et sa lente reconstruction.

Un rescapé du massacre du 28 septembre

Ce jour-là, des milliers de personnes étaient réunies pour protester contre la candidature du capitaine Moussa Dadis Camara à la présidentielle. La répression a fait au moins 157 morts et des centaines de blessés, selon l'ONU. Abdoul Sacko, lui, a été touché par balle au dos. Il est resté des heures sous les corps de ses camarades, avant d'être secouru.

« J'ai vu la mort de près », confie-t-il. « J'ai cru que c'était fini. Mais j'ai eu de la chance, je m'en suis sorti. » Son récit, recueilli par Libération, illustre la violence de la répression et les séquelles physiques et psychologiques pour les victimes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un combat pour la justice et la mémoire

Abdoul Sacko vit aujourd'hui avec une balle logée dans la colonne vertébrale. Il ne peut plus marcher normalement et souffre de douleurs chroniques. Malgré tout, il se bat pour que la justice soit rendue. Le procès des responsables présumés du massacre s'est ouvert en 2022, une première en Afrique de l'Ouest pour de tels faits.

« Je veux que les coupables soient punis », dit-il. « C'est important pour moi, mais aussi pour toutes les victimes. » Son combat est aussi celui de la mémoire : il veut que les jeunes générations sachent ce qui s'est passé.

Une reconstruction difficile mais nécessaire

La reconstruction d'Abdoul Sacko est lente. Il a suivi des années de soins, avec l'aide d'associations. Il a appris à vivre avec son handicap et tente de travailler comme vendeur de téléphones portables à Conakry. « Je ne veux pas rester dans le passé », explique-t-il. « Je veux avancer, mais sans oublier. »

Son témoignage, publié par Libération, rappelle l'ampleur des violences du 28 septembre et l'importance de la reconnaissance des victimes. Le procès, toujours en cours, est suivi de près par les ONG de défense des droits humains. Pour Abdoul Sacko, c'est une étape cruciale : « La justice est essentielle pour tourner la page. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale