Dominique Besnehard : « Les acteurs, c'est un peu ma vie »
Dominique Besnehard : « Les acteurs, c'est ma vie »

Dominique Besnehard, figure emblématique du cinéma français, a accordé un entretien à 20 Minutes à l'occasion de la clôture du Festival du Film Francophone d'Angoulême, où le long métrage Dix pour cent a été présenté. Disponible sur Netflix le 10 septembre prochain, ce film conclut la série culte lancée en 2015.

Une fin assumée pour la série culte

Interrogé sur la fin définitive de Dix pour cent, Dominique Besnehard se montre catégorique : « Absolument. Je suis content qu'on clôture la série par un long métrage parce que j'estime qu'une nouvelle saison aurait été de trop. » Il nuance toutefois : « Il y a toujours des choses à raconter car le sujet des histoires d'agents est inépuisable. »

Le septuagénaire, qui a inspiré le personnage incarné par Grégory Montiel dans la série, évoque avec malice son parcours. Son sourire ne se voile que lorsqu'il mentionne Nathalie Baye, son amie décédée en avril dernier, à laquelle cette édition du festival est dédiée.

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Un métier d'agent devenu « insupportable »

Dominique Besnehard dresse un constat sans complaisance sur l'évolution de sa profession : « Ah oui, énormément. C'est devenu insupportable. » Il explique qu'à ses débuts, il était un « couteau suisse » pour ses comédiens : « Je m'occupais de ses contrats, de trouver des films, et aussi des conseils sur la promotion, des conseils sur la façon dont il s'habillait. »

Aujourd'hui, il déplore la multiplication des intermédiaires : « Maintenant, il y a je ne sais pas combien de personnes autour des talents. Je ne suis pas très fou des agents d'images. Ils bloquent tout. Comme ils veulent exister, ça crée vraiment des problèmes. Il y a trop d'interlocuteurs. »

Des acteurs passionnants malgré les difficultés

Malgré les complications rencontrées pour réunir les acteurs du film, Dominique Besnehard affirme avoir retrouvé sa passion : « Ça a été tellement compliqué de réunir tous les acteurs pour faire le film Dix pour cent, qu'à un moment donné, j'ai dit que j'allais arriver à ne plus les aimer. Heureusement, maintenant que le résultat est là, j'ai retrouvé ma passion. Franchement, je crois que les acteurs, c'est un peu ma vie. »

Il décrit les comédiens avec tendresse : « Je les trouve à la fois insupportables, fragiles, courageux. Ils ont tous les défauts et les qualités des êtres humains. Ils peuvent être enfantins, pas reconnaissants, trop reconnaissants. C'est ce qui les rend passionnants. »

Un succès qui repose sur la découverte des coulisses

Pour expliquer le succès de Dix pour cent, Dominique Besnehard avance une raison simple : « Les gens aiment avoir l'œil en coulisses. Ils connaissaient les coulisses des hôpitaux, les coulisses des notaires, les coulisses des flics mais, ils ne savaient même pas ce que c'était le métier d'agent. Ça fait rêver. »

Il regrette toutefois un angle mort : « Mon seul regret est qu'on n'a jamais abordé le sujet des addictions pourtant très présent dans nos professions. »

Interrogé sur sa notoriété, il répond avec humour : « Je suis une ex-star. » Il cite Guy Bedos, qui disait de lui : « Dominique fait partie du bâtiment. » Nathalie Baye lui recommandait parfois, avec gentillesse, de ne pas trop en faire. C'est pour permettre aux gens de se rencontrer et de prendre le temps de se parler qu'il a fondé le festival d'Angoulême avec Marie-France Brière.

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