Jeunet triomphe à Angoulême avec Changer l'eau des fleurs
Jeunet triomphe à Angoulême avec Changer l'eau des fleurs

Jean-Pierre Jeunet a fait salle comble au Festival du Film Francophone d'Angoulême avec Changer l'eau des fleurs, son adaptation très attendue du roman de Valérie Perrin. Les onze cinémas du CGR local étaient pleins à craquer pour découvrir le film, qui sortira en salles le 9 décembre.

Le réalisateur du Fabuleux destin d'Amélie Poulain était accompagné de la romancière et de ses interprètes Leïla Bekhti, Melvil Poupaud et la jeune Elodie Batard Gaultier. Tous ont répondu aux questions du public et du journaliste Jean-Pierre Lavoignat au terme d'une projection triomphale.

Un roman fait pour le cinéma

Le film raconte les destins entremêlés d'une gardienne de cimetière, de son mari mal aimant, d'un commissaire de police séduisant et d'une fillette craquante. Selon Jean-Pierre Jeunet, le roman de Valérie Perrin semblait avoir été écrit pour être porté à l'écran. « C'est le genre de livre où chaque chapitre, voire chaque page, contient une idée qui vous transperce le cœur », a déclaré le cinéaste.

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Valérie Perrin a renchéri : « C'était une évidence ce roman-là pour cet homme-là. » Le réalisateur a précisé : « Je ne vous cacherai pas que j'avais d'abord pensé à Audrey Tautou. » Mais c'est finalement Leïla Bekhti qui incarne Violette, l'héroïne du film.

Leïla Bekhti, une Violette solaire

Leïla Bekhti est époustouflante dans le rôle de Violette, une femme qui parvient à rester solaire même si la vie ne l'épargne pas. Jean-Pierre Jeunet l'a choisie après l'avoir vue dans l'émission Hot Ones animée par Kyan Khojandi, où elle pleurait sur commande tout en évoquant une recette de lasagnes.

La comédienne, déjà familière du roman, confie : « J'avais adoré cette histoire parce que, pour moi, c'est parler de la mort sans enfermer le récit dans la tristesse. Mon personnage va chercher la lumière bien qu'elle vive des choses horribles. » On ne serait pas étonnés de voir l'actrice nommée aux César pour ce qui constitue sa meilleure prestation à ce jour.

Entre ombre et lumière

Leïla Bekhti est efficacement épaulée par Matthias Schoenaerts, qui apporte des nuances de tendresse inattendue à un personnage de motard sexy et brutal. Melvil Poupaud, en policier sensible, est, lui aussi, tout à fait à sa place dans un récit haletant rythmé par une partition envoûtante de Saycet.

« Ça me faisait du bien de passer du côté de la lumière parce que j'avais enchaîné quelques rôles assez sombres, avoue Melvil Poupaud. J'étais heureux de jouer le type qui passe et qui vous sort un peu de cette noirceur. Être ce rayon de soleil dans cette histoire assez sombre m'a plu. »

Entre ombre et lumière, Changer l'eau des fleurs évolue avec grâce et prend le cœur du spectateur dès ses premières images. Jean-Pierre Jeunet est à la fois un conteur et un esthète qui sait lier la forme et le fond. Il y avait un bon moment qu'il ne l'avait pas fait de façon aussi virtuose.

Un film en forme de puzzle

Il n'est pas nécessaire d'avoir lu le roman pour être envoûté par le film. Jean-Pierre Jeunet adapte fidèlement le livre, dont il reproduit la structure en forme de puzzle en un jeu fascinant dont les pièces s'emboîtent progressivement. Le récit évolue entre mystère et mélodrame, comme le roman dont il transcrit l'esprit à l'écran.

L'univers du cinéaste, avec ses seconds rôles savoureux, est reconnaissable entre mille, mais il s'efface devant la richesse d'un récit qui tient en haleine. Changer l'eau des fleurs donne envie de (re)lire le livre de Valérie Perrin, comme l'ouvrage va sans doute attirer le public au cinéma. Le film sortira en salles le 9 décembre et on lui prédit d'ores et déjà un énorme succès amplement mérité.

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