Dans un entretien vidéo avec Pierre Haski, l'historienne Karine Ramondy détaille la responsabilité de la France dans la répression des mouvements indépendantistes camerounais entre 1945 et 1971. Ce travail s'appuie sur la commission franco-camerounaise créée en 2023 par Emmanuel Macron et Paul Biya, dont elle a dirigé le volet recherche. Le rapport, remis en janvier 2025, établit des faits longtemps occultés, notamment les assassinats de Ruben Um Nyobè et de Félix Moumié.
Une guerre effacée de la mémoire collective
La guerre du Cameroun, souvent comparée à la guerre d'Algérie, a fait des dizaines de milliers de morts. Pourtant, elle est restée dans l'ombre pendant six décennies, victime d'une censure d'État et d'un oubli organisé. Karine Ramondy explique comment ce silence a été brisé grâce à la déclassification de 2 300 documents, mais aussi les obstacles rencontrés, comme la fermeture des Archives nationales de Yaoundé.
Les conditions de la recherche et les témoignages
L'historienne revient sur les conditions posées avant d'accepter cette mission, l'importance du retour auprès des témoins, et le silence de Paul Biya depuis la remise du rapport. Elle souligne que ce travail ne se limite pas aux archives : il a un impact direct sur le présent, en permettant au Cameroun et à la France de regarder leur passé en face.
Patrice Lumumba : une autre mémoire à restaurer
Spécialiste de Patrice Lumumba, Karine Ramondy évoque également le manuscrit retrouvé de son discours du 30 juin 1960, ainsi que la dent restituée au Congo, seule relique d'un corps dissous dans l'acide. Ces éléments illustrent comment les archives peuvent éclairer des épisodes historiques restés longtemps tabous.
Cette conversation, publiée le 7 août 2026, est disponible sur la chaîne YouTube « le Monde de Pierre Haski », en partenariat avec « le Nouvel Obs ». Elle s'inscrit dans une série de chroniques où Pierre Haski explore les enjeux de mémoire et d'histoire contemporaine.



