Le gouvernement cubain a publié un décret historique ouvrant 27 secteurs économiques aux acteurs privés, marquant une libéralisation sans précédent depuis la révolution de 1959. La mesure, annoncée le 28 juillet 2026, vise à stimuler une économie en proie à une grave pénurie et à une inflation galopante.
Des secteurs désormais accessibles aux privés
Parmi les secteurs concernés figurent la construction, les transports, la logistique, la restauration, l'hôtellerie, les services informatiques, ainsi que certaines activités agricoles et industrielles. Seuls quelques domaines stratégiques comme la santé, l'éducation et la défense restent exclus.
Selon le ministre de l'Économie, Alejandro Gil, cité par l'agence officielle Prensa Latina, « cette ouverture permettra de capter des investissements étrangers et de dynamiser l'initiative privée, tout en maintenant le rôle central de l'État dans les secteurs clés ». Le décret prévoit des procédures simplifiées pour l'obtention de licences et une réduction des taxes pour les nouvelles entreprises.
Une réforme attendue sous pression
Cette décision intervient après des mois de manifestations contre la pénurie de biens de première nécessité et les coupures d'électricité. Le pays traverse sa pire crise économique depuis l'effondrement de l'Union soviétique. En 2025, le PIB cubain a chuté de 8 %, selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).
Les nouvelles mesures sont perçues comme une tentative d'apaiser les tensions sociales et d'attirer des investisseurs étrangers, notamment dans le tourisme et les énergies renouvelables. Le gouvernement espère créer 200 000 emplois d'ici 2028.
Réactions mitigées
Si les petits entrepreneurs saluent l'initiative, certains économistes restent sceptiques. « Sans réforme monétaire et financière en profondeur, cette ouverture pourrait profiter surtout aux élites locales et aux investisseurs étrangers, sans bénéficier à la population », a déclaré l'économiste indépendant Pedro Monreal.
Du côté des autorités américaines, la porte-parole du département d'État a qualifié la mesure de « pas dans la bonne direction », tout en rappelant que l'embargo américain reste en vigueur. Cuba espère que cette libéralisation incitera Washington à assouplir les sanctions.



