Thomas Pesquet acclamé par les élèves de Monaco
Thomas Pesquet acclamé par les élèves de Monaco

L'astronaute français Thomas Pesquet a été accueilli en véritable rock star par les élèves de la Principauté de Monaco, ce vendredi 11 septembre 2026. Lors d'une journée marathon, il a rencontré 240 collégiens et lycéens monégasques, le prince Albert II et le ministre d'État, avant de visiter les locaux de Venturi Space et de donner une conférence devant plus de 1000 personnes.

Une standing ovation au lycée Albert-Ier

À peine a-t-il franchi l'entrée de l'auditorium du lycée Albert-Ier, habillé de sa veste bleu marine siglée « ESA » – pour agence spatiale européenne – que l'assistance le gratifie d'une standing ovation. Thomas Pesquet a beau être allé deux fois dans l'espace – 396 jours au total – l'astronaute français paraît presque intimidé par l'accueil.

« J'ai toujours rêvé de rencontrer un astronaute. C'est un monde qui me fascine depuis petit, car on ne sait pas ce qu'il y a tout au bout », nous souffle Pierre, 14 ans, élève de 3e à FANB, impatient de percer le mystère. À ses côtés, pas moins de 240 collégiens et lycéens du pays ont été choisis pour échanger avec celui qui truste régulièrement le haut du classement des personnalités préférées des Français, un moment intimiste que le reste de leurs camarades a pu suivre en direct, via YouTube, depuis leurs classes.

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Une venue rendue possible par Jean-Luc Allavena

Cette venue en Principauté, jalonnée d'étapes institutionnelles comme l'audience privée avec le prince Albert II ou le déjeuner avec le ministre d'État, a été permise par Jean-Luc Allavena que l'astronaute connaît bien pour avoir intégré le réseau « Young Leaders » de la French-American Foundation. Le Monégasque et ancien directeur de cabinet du prince Albert II en est le président d'honneur. C'était en 2017, année de sa première mission vers la Station spatiale internationale.

Depuis, le natif de Normandie y est retourné une deuxième fois (en 2021) et il commandera même la mission PAM-6 de Vast courant 2027, bien plus courte cette fois-ci (deux semaines).

« Il illustre des valeurs : le travail, la discipline, le fait de voir grand. Il va vous partager les étapes qui ont permis de passer du rêve à cette réalité, avec des ambitions qui ne sont pas achevées. Thomas, nous espérons bien te voir un jour sur la Lune », lui glisse Jean-Luc Allavena, allusion au programme Artemis.

Les secrets de l'entraînement et de la vie en apesanteur

À qui rêverait d'embrasser une carrière d'astronaute, Thomas Pesquet s'appuie sur une vidéo pour commenter la kyrielle d'étapes pour y parvenir. Avec, pour fil rouge, la mission Alpha de 2021. « L'entraînement commence des années avant d'aller dans l'espace. On passe 99 % de notre temps à se préparer à des choses qui n'arriveront jamais : le feu, la dépressurisation, un élément toxique de l'atmosphère qui se répandrait dans la station », explique-t-il.

On y apprend, aussi, à préparer son organisme à l'impesanteur, laquelle a une incidence sur les muscles et les os ; à répéter les manipulations scientifiques ; à multiplier les sorties extra-véhiculaires factices en piscine, engoncé dans son scaphandre. Et, bien sûr, à appréhender le décollage.

« C'est extrêmement spectaculaire, bruyant et physique. On atteint plus de 4 700 km/h. Puis, on arrive en orbite, on se détache de la fusée et tout devient paisible. Au bout de 24 heures, on s'approche de l'ISS, cet énorme château dans le ciel. C'est complètement fou », se souvient-il.

« Ça fait quoi de flotter ? », questionne Brianna, en classe de 3e. « C'est comme si, d'un coup, ton poids avait été siphonné, comme l'eau au fond d'un évier. Tu deviens hyper léger et c'est super agréable de se laisser aller », lui répond-il.

La station, un lieu de vie et de recherche

À Alexandre, terminale au lycée Albert-Ier, qui s'interroge sur le rythme de vie au sein de l'ISS, Thomas Pesquet prend le temps, non sans humour parfois. Relation avec les centres de contrôle du monde entier, maintenance technique et nettoyage de la station, ravitaillement (eau, oxygène, nourriture, matériels, vêtements), sport pendant 2h30, recherches scientifiques etc...

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« La station c'est un laboratoire et nos expériences permettent de faire progresser la science et la connaissance. Cela nous arrive aussi de faire pousser des légumes en vue d'aller sur Mars », explique-t-il. Et, bien sûr, les fameuses sorties extra-véhiculaires. Thomas Pesquet en a effectué 4 en 2021, « attaché par les pieds par un bras de 17 mètres, et 400 km de vide sous moi ».

« On a l'impression d'être tout petit dans son scaphandre. » Beaucoup de travail, forcément, mais aussi des moments de cohésion pour l'équipage. « C'est aussi un lieu de vie et on recrée une famille. On a fêté des anniversaires, fait une soirée pizza, organisé des Jeux olympiques avec une épreuve de flottaison synchronisée », sourit-il.

Le temps libre sert également à joindre les proches ou à s'adonner à des hobbys personnels, comme la photographie. Thomas Pesquet a longuement capturé les zones les plus idylliques de la Terre, mais aussi les catastrophes naturelles en cours (méga feux, tornade, cyclones…). Avant de poster sur les réseaux sociaux, faire montre de pédagogie pour vulgariser un domaine ô combien complexe, et prêcher la bonne parole.

Comme il a pu le faire ce vendredi matin auprès d'élèves conquis, puis le soir lors de la conférence de la Monaco Méditerranée Foundation à l'Auditorium Rainier-III. « C'est hyper important de planter des graines. Petit, j'étais sevré d'informations et d'images car on n'avait pas accès à ce que faisaient les astronautes. C'est pourtant à cet âge là où l'on est perméable et une éponge. Si on arrive à les intéresser à la science et à la technique, la puissance que ça aura est dingue. Ils arriveront plus tard à avoir des initiatives comme chez Venturi Space avec des trucs incroyables », confie-t-il, après coup.

Un message bien reçu par les élèves

Et le message est passé 5/5. « C'était très instructif. On sent qu'il est cultivé, qu'il répond avec de la science et qu'il fait l'effort de vulgariser. Il arrive à nous expliquer sans nous perdre. C'était passionnant », jubile Andrea, 17 ans, en Terminale.

Beaucoup de ses camarades ont tenté de faire signer le moindre bout de surface à portée de main pour garder un souvenir impérissable de cette rencontre : livre et bande dessinée sur Thomas Pesquet, coque de smartphone, gourde, petit bout de papier déchiré et même… un carnet de correspondance. D'autres se sont contentés d'un bref contact physique.

« J'ai touché sa main, tu te rends compte. Je ne me lave plus, c'est bon, débriefe une jeune fille à sa maman, par téléphone, dans le bus du retour. J'ai vu les étoiles. » Pari réussi, Thomas.