Dès samedi, les autorités espagnoles ont mis en place des contrôles temporaires aux frontières dans les ports et aéroports pour les voyageurs venant d'Italie. Cette décision, annoncée vendredi, constitue une réponse directe aux mesures similaires imposées par Rome après l'afflux massif de migrants à Ceuta.
Des contrôles aléatoires mais ciblés
Ces vérifications, en vigueur jusqu'au 7 septembre, concernent les liaisons aériennes et maritimes. Selon le ministère de l'Intérieur espagnol, elles sont effectuées « de manière aléatoire », avec une attention particulière « sur les passagers qui sont ressortissants de pays tiers, afin de vérifier le respect des exigences prévues par le Code frontières Schengen ».
Les agents procèdent aux contrôles à la sortie de la passerelle menant hors de l'avion, sans perturber le flux des passagers. Tous les vols et tous les passagers ne sont pas concernés, précise le ministère.
Une brouille sans précédent entre alliés
Cette rare tension entre deux membres de l'UE et de l'Otan survient après que 72 000 migrants ont franchi la frontière depuis le Maroc vers l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, la semaine dernière. Cet afflux d'une ampleur inédite a suscité de vives critiques de la part d'autres pays de l'UE, notamment de la Première ministre italienne d'extrême droite Giorgia Meloni, qui prône une ligne dure sur l'immigration irrégulière et la protection des frontières extérieures.
Le gouvernement italien a affirmé vendredi n'avoir « en aucun cas l'intention de revenir sur la décision de suspendre l'application de l'accord de Schengen aux ressortissants de pays tiers en provenance d'Espagne, au moins jusqu'au 15 août ».
La réplique espagnole
Madrid a vivement réagi, qualifiant la mesure italienne « d'inéquitable, contraire aux intérêts de l'UE et discriminatoire pour la population espagnole ». Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a informé samedi l'Union européenne de la décision espagnole.
Dans un communiqué, il a déclaré : « Les autorités espagnoles suivent avec attention l'évolution de la situation migratoire dans l'espace Schengen et, en particulier, la pression migratoire constatée sur la route de la Méditerranée centrale qui affecte la République italienne et ses effets sur différents États membres. »
Cette escalade illustre les tensions croissantes au sein de l'UE sur la gestion des migrations, alors que les pays membres peinent à trouver un consensus sur la répartition des responsabilités.



